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Les élections municipales françaises, un premier test en vue des présidentielles

Plus de 904 000 candidats aux fonctions municipales dans environ 35 000 villages, communes et villes figuraient sur les bulletins de vote dimanche.

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Une femme dépose son bulletin de vote lors du premier tour des élections municipales françaises à Hénin-Beaumont, dans le nord de la France, le dimanche 15 mars 2026. (AP Photo/Jean-François Badias) Une femme dépose son bulletin de vote lors du premier tour des élections municipales françaises à Hénin-Beaumont, dans le nord de la France, le dimanche 15 mars 2026. (Jean-francois Badias/Associated Press)

Les élections municipales françaises de dimanche ont permis aux partis politiques de tester leur machine électorale avant la course à la présidence de l’année prochaine, qui désignera le successeur du président Emmanuel Macron, avec un premier tour de scrutin pour les maires et leurs équipes dans toute la France, des petits villages aux plus grandes villes.

Bien que largement axées sur les préoccupations locales, ces élections étaient scrutées à la loupe pour y déceler des indices sur les résultats que pourraient obtenir les partis lors de l’élection présidentielle de 2027, lorsque le deuxième et dernier mandat du président Macron prendra fin, et en particulier pour savoir si le Rassemblement national (RN) d’extrême droite de Marine Le Pen continue de gagner du terrain.

Plus de 904 000 candidats aux fonctions municipales dans environ 35 000 villages, communes et villes figuraient sur les bulletins de vote dimanche. Dans les localités où le résultat reste indécis, un second tour de scrutin dimanche prochain déterminera les résultats définitifs.

L’attention s’est portée sur les scrutins dans les villes clés, notamment Paris, où les projections des instituts de sondage laissaient entrevoir un second tour potentiellement serré, avec plusieurs candidats en lice. Les résultats officiels étaient attendus dans la nuit de dimanche à lundi.

La mairesse socialiste sortante, Anne Hidalgo, élue en 2014 et réélue en 2020, a décidé de ne pas briguer un troisième mandat, après avoir guidé la capitale française à travers le traumatisme des attentats extrémistes de 2015 et l’effervescence des Jeux olympiques de Paris en 2024.

Son dauphin présumé, Emmanuel Grégoire, était largement en tête devant la candidate de droite, Rachida Dati, selon les diverses projections des firmes de sondage. Un deuxième tour sera toutefois nécessaire.

Un autre second tour incertain se profilait à Marseille, la deuxième ville de France, où le maire sortant de gauche, Benoît Payan, était confronté à une rude concurrence de la part du candidat du Rassemblement national (RN), Franck Allisio.

Les projections laissaient également entrevoir un bon résultat pour le candidat du RN en vue d’un second tour dans la ville portuaire méditerranéenne de Toulon, une base navale majeure. Eric Ciotti, candidat du RN, était donné favori au premier tour à Nice, également située au bord de la Méditerranée.

Au Havre, port situé au nord de la Manche, l’ancien premier ministre et maire sortant Édouard Philippe est arrivé en tête au premier tour, selon les résultats officiels. Remporter le second tour face aux deux autres candidats également qualifiés pourrait offrir à M. Philippe, qui fut le premier premier ministre d’Emmanuel Macron, une rampe de lancement pour une campagne présidentielle attendue.

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a affirmé que les électeurs avaient exprimé «un profond désir de changement» et a appelé à un soutien accru au second tour.

«Dans sept jours, votre vote peut changer le visage de nombreuses villes françaises, a-t-il dit. Le changement n’attendra pas 2027. Il commence dimanche prochain.»

Le chef du Parti socialiste, Olivier Faure, a exhorté les électeurs à ne pas laisser le Rassemblement national prendre de l’élan alors que celui-ci intensifie ses efforts pour s’emparer de l’Élysée lors de l’élection présidentielle de l’année prochaine.

«La marche de l’extrême droite vers l’Élysée n’est pas inévitable, a assuré M. Faure. Dès dimanche prochain, nous pouvons — nous devons — créer un nouvel espoir pour 2027.»

Les résultats du Rassemblement national étaient également analysés pour déterminer si le parti avait été affecté par la possibilité que Marine Le Pen elle-même soit empêchée de se présenter à nouveau à la présidence en 2027.

L’année dernière, un tribunal français a condamné Marine Le Pen pour détournement de fonds et lui a interdit d’exercer une fonction publique pendant cinq ans. Elle espère qu’une cour d’appel l’innocentera lors d’un verdict clé prévu le 7 juillet. Une décision défavorable pourrait compromettre ses ambitions présidentielles.

Dans les villes où trois, quatre candidats ou plus avaient obtenu assez de votes pour passer le cap du premier tour, les tractations des prochains jours pourraient voir certains s’allier ou se retirer, réduisant ainsi le nombre de candidats au second tour.

La guerre en Iran et ses répercussions, notamment sur les prix du carburant, ainsi que d’autres préoccupations internationales ont quelque peu éclipsé la campagne électorale.

Jérôme Fourquet, directeur du département des sondages de l’institut IFOP, a déclaré que le président américain Donald Trump et d’autres facteurs avaient détourné l’attention des élections municipales.

«Nous vivons désormais au rythme des annonces de Trump et des frappes au Moyen-Orient. Dans ce contexte, il y a eu très peu de place pour les municipales», a-t-il dit dans une entrevue accordée au journal Le Parisien.