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Les djihadistes étendent leur présence aux villes du Sahel africain

Le groupe djihadiste JNIM, lié à Al-Qaïda, a revendiqué l’attaque perpétrée jeudi à l’aéroport international Diori Hamani de Niamey

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Des motards circulent dans une rue de Niamey, au Niger, le jeudi 18 juin 2026. Photo AP Des motards circulent dans une rue de Niamey, au Niger, le jeudi 18 juin 2026. Photo AP (Uncredited)

Les coups de feu et les explosions qui ont secoué le principal aéroport international du Niger constituent le dernier signe en date de la tendance croissante des groupes armés à cibler les villes et les centres urbains de la région africaine du Sahel, où ils se disputent l’influence et les territoires, selon des analystes.

Le groupe djihadiste JNIM, lié à Al-Qaïda et considéré comme le plus puissant de la région du Sahel, au sud du désert du Sahara, a revendiqué l’attaque perpétrée jeudi à l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, qui a coûté la vie à 11 soldats et deux civils.

Il s’agissait de la deuxième attaque cette année contre cet aéroport, plaque tournante stratégique qui sert de quartier général à l’armée au pouvoir, abritant sa base aérienne ainsi que la plupart de ses drones et de ses avions.

C’est également le siège de l’alliance régionale qui rassemble les troupes du Niger, du Mali et du Burkina Faso.

Une attaque similaire en janvier, revendiquée par la «Province du Sahel» de Daech, avait également vu des hommes armés à moto prendre d’assaut les installations de l’aéroport pour s’en prendre à des drones de grande valeur.

Ces attaques au Niger, d’une ampleur sans précédent ces dernières années, font suite à un raid de grande envergure et à un blocus continu sur l’approvisionnement en carburant mené par Al-Qaïda à l’intérieur et aux abords de Bamako, la capitale du Mali.

Les militants soutenus tant par Al-Qaïda que par Daech, rivaux pour le contrôle du territoire au Sahel et animés par des objectifs et des aspirations stratégiques contradictoires, ont commencé à intensifier leurs attaques l’année dernière, cherchant à étendre leur influence dans ce qui est considéré comme un foyer mondial du terrorisme.

Ces récentes attaques reflètent une évolution de la stratégie des militants, qui s’étend de plus en plus aux centres urbains, parallèlement aux communautés isolées et mal surveillées où les groupes insurgés opèrent traditionnellement, a expliqué Ibrahim Yahaya Ibrahim, directeur adjoint de projet au sein de l’International Crisis Group, un groupe de réflexion.

Un Far West

Au cœur de l’activité militante se trouvent les trois États sahéliens voisins que sont le Niger, le Burkina Faso et le Mali.

Ils sont gouvernés par des juntes militaires qui ont orchestré des coups d’État alimentés par le ressentiment envers leurs anciens partenaires occidentaux et les gouvernements démocratiques.

Ces trois gouvernements se sont tournés vers la Russie pour en faire un allié majeur en matière de sécurité après s’être détournés de leurs alliés occidentaux. Les forces françaises et américaines se sont retirées, tandis que des militaires russes ont pris leur place.

L’attaque de jeudi avait moins d’importance que celle de janvier, mais elle était significative pour le JNIM et ses opérations, selon M. Ibrahim.

«Le JNIM au Niger tente de marquer son territoire. C’est un message adressé au gouvernement, mais aussi à Daech», a-t-il ajouté.

La situation géographique du Niger, au carrefour de plusieurs zones de conflit majeures, est également considérée comme stratégique par ces groupes.

Le pays est limitrophe du Mali et du Burkina Faso à l’ouest, où le JNIM est le plus puissant, ainsi que du Nigeria et du Tchad au sud et à l’est, où opèrent Boko Haram et la Province d’Afrique de l’Ouest de Daech (ISWAP). Au nord, il s’étend dans le Sahara en direction de la Libye et de l’Algérie.

Les analystes avertissent que l’ISSP et l’ISWAP tentent d’utiliser la frontière entre le Niger et le Nigeria comme un pont entre les deux groupes, reliant ainsi deux des groupes extrémistes les plus puissants et les plus violents d’Afrique sur une vaste étendue de territoire, une manœuvre à laquelle le JNIM s’oppose.

«Le Niger est un territoire de rivalité entre eux», a avancé Wassim Nasr, chercheur senior au Soufan Center.

«Si le JNIM perd l’avantage au Niger face à l’État islamique, cela compromettra sa position dominante au Mali et au Burkina Faso. […] C’est un espace ouvert, à l’image du Far West, où chacun cherche à marquer son territoire», a-t-il précisé.