Le Comité national démocrate des États-Unis a intenté mercredi une action en justice contre l’administration du président Donald Trump au sujet de récentes publicités télévisées qui faisaient la promotion de son message politique tout en coûtant des millions de dollars aux contribuables.
La plainte, déposée devant le tribunal fédéral de première instance du District de Columbia, allègue que ces publicités constituent de la propagande illégale financée par le gouvernement et accuse M. Trump de les avoir personnellement orchestrées. Elle demande au tribunal de déclarer ces publicités illégales et de mettre fin à l’utilisation de fonds fédéraux pour les financer.
Donald Trump a essuyé une vague de critiques des deux côtés de l’échiquier politique pour ces publicités, qui le glorifient et reprennent ses arguments de campagne alors que les électeurs votent par anticipation à moins d’un mois des élections de mi-mandat.
Ces publicités, dont la diffusion a débuté en septembre, ont déjà coûté plus de 12 millions $ US, selon la société de suivi des médias AdImpact, et un montant de 20 millions $ US provenant du budget du département de la Sécurité intérieure a servi à les financer.
Réagissant lundi à ces critiques, le président républicain a défendu ces publicités, les qualifiant de «promotion positive pour nos grands États-Unis», mais a déclaré qu’il les financerait désormais par l’entremise de son comité d’action politique MAGA Inc.
Mais mardi, la cinquième publicité de la campagne a commencé à être diffusée avec la mention «financée par le gouvernement américain», faisant la promotion des actions militaires de Donald Trump au Venezuela plus tôt cette année. Le même jour, le président a clairement indiqué qu’il ne s’était pas engagé à rembourser les sommes déjà dépensées, déclarant aux journalistes: «C’est nous qui déciderons.»
Le président du Comité national démocrate, Ken Martin, a déclaré dans un communiqué que Donald Trump faisait un usage abusif de l’argent des contribuables dans le cadre d’«une tentative désespérée pour sauver les républicains en novembre».
«Les Américains méritent mieux que de voir l’argent de leurs impôts, durement gagné, utilisé pour les manœuvres illégales de Trump», a-t-il insisté.
Des experts juridiques ont estimé que ces publicités enfreignaient une loi fédérale interdisant l’utilisation des fonds alloués par le Congrès à des fins de «publicité ou de propagande», ainsi que d’autres lois fédérales.
Les fonds du département de la Sécurité intérieure utilisés pour ces publicités proviennent d’une enveloppe de 175 millions $ US que le Congrès a accordée au ministère dans le cadre du programme du président en matière d’application de la législation sur l’immigration.
La Maison-Blanche a défendu ces publicités en les qualifiant de messages d’intérêt public, à l’instar de ce qu’ont fait les administrations précédentes pour promouvoir diverses politiques. Des experts juridiques ont toutefois fait valoir que ces publicités récentes diffèrent de nombreux messages d’intérêt public antérieurs, car elles ne visent pas à aider les citoyens à bénéficier de programmes gouvernementaux spécifiques.
Les parties défenderesses dans cette affaire — Donald Trump, la Maison-Blanche, la Sécurité intérieure et le Bureau de la gestion et du budget — n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.
