International

Les démocrates du Sénat condamnent le caviardage des documents sur Jeffrey Epstein

Publié le 

Le chef des démocrate au Sénat américain, Chuck Schumer, s'adresse aux médias présents au Capitole, le 16 décembre 2025 à Washington. Photo AP/Jose Luis Magana Le chef des démocrates au Sénat américain, Chuck Schumer, s'adresse aux médias présents au Capitole, le 16 décembre 2025 à Washington. Photo AP (Jose Luis Magana)

Le chef de file démocrate au Sénat américain a exhorté lundi ses collègues à intenter une action en justice contre le ministère de la Justice pour avoir publié par lots largement expurgés les documents relatifs au défunt délinquant sexuel Jeffrey Epstein.

Le chef de la minorité Chuck Schumer a présenté une résolution qui, si elle est adoptée, obligerait le Sénat à intenter ou à se joindre à des poursuites judiciaires visant à contraindre le ministère de la Justice à se conformer à la loi sur la transparence des dossiers Epstein, promulguée en novembre, qui exigeait la divulgation des dossiers avant vendredi dernier.

«Au lieu de faire preuve de transparence, l’administration Trump n’a publié qu’une infime partie des dossiers et a caviardé une grande partie du peu qu’elle a fourni», a déclaré M. Schumer dans un communiqué.

«Il s’agit là d’une dissimulation flagrante.»

—  Chuck Schumer, chef démocrate au Sénat américain

En l’absence de soutien républicain, la résolution de M. Schumer est largement symbolique, mais elle permet aux démocrates de poursuivre leur campagne de pression pour une divulgation des dossiers, que les républicains espéraient avoir mise derrière eux.

Le ministère de la Justice a déclaré qu’il prévoyait de publier les dossiers de manière progressive d’ici la fin de l’année. Il a imputé ce retard au processus fastidieux consistant à masquer les noms des victimes et autres informations permettant de les identifier. Jusqu’à présent, le ministère n’a donné aucune indication sur la date à laquelle seront publiés les prochains documents.

Cette approche a suscité la colère de certains plaignants et membres du Congrès qui se sont battus pour faire adopter la loi sur la transparence. Les documents qui ont été rendus publics, notamment des photographies, des transcriptions d’entretiens, des registres d’appels et des dossiers judiciaires, étaient soit déjà publics, soit largement caviardés, et beaucoup d’entre eux manquaient de contexte.

Les dizaines de milliers de pages de documents rendus publics à ce jour ne contiennent que peu de révélations. Certains des documents les plus attendus, tels que les entretiens du FBI avec les victimes et les notes internes éclairant les décisions de mise en accusation, n’y figuraient pas.

Il n’y avait pas non plus de mention de certaines personnalités influentes qui ont gravité autour d’Epstein, comme l’ancien prince Andrew de Grande-Bretagne.

La Maison-Blanche se défend

Dimanche, le procureur général adjoint Todd Blanche a défendu la décision du ministère de la Justice de ne divulguer qu’une partie des dossiers avant la date limite, estimant que cela était nécessaire pour protéger les victimes du financier déchu.

M. Blanche a promis que l’administration Trump respecterait ses obligations légales. Mais il a souligné que le ministère était tenu d’agir avec prudence lorsqu’il s’agissait de rendre publics des milliers de documents pouvant contenir des informations sensibles.

M. Blanche, numéro deux du ministère de la Justice, a également défendu la décision de retirer de son site internet public plusieurs dossiers liés à l’affaire, dont une photo montrant M. Trump, moins d’un jour après leur publication.

Les fichiers manquants, qui étaient disponibles vendredi avant de disparaître samedi, comprenaient des images de peintures représentant des femmes nues, et l’un d’eux montrait une série de photographies disposées le long d’un buffet et dans des tiroirs. Sur cette image, à l’intérieur d’un tiroir parmi d’autres photos, figurait une photographie de M. Trump, aux côtés d’Epstein, de Melania Trump et de la collaboratrice de longue date d’Epstein, Ghislaine Maxwell.

This undated photo released by Democrats on the House Oversight Committee shows former President Bill Clinton, Ghislaine Maxwell and Jeffrey Epstein, with Clinton's signature at the top of the photo. (House Oversight Committee via AP) Cette photo non datée publiée par les démocrates de la commission de surveillance de la Chambre des représentants montre l'ancien président Bill Clinton, Ghislaine Maxwell et Jeffrey Epstein, avec la signature de Clinton en haut de la photo. (Commission de surveillance de la Chambre des représentants via AP)

M. Blanche a affirmé que les documents avaient été supprimés car ils montraient également des victimes d’Epstein. Il a ajouté que la photo de M. Trump et les autres documents seraient republiés une fois que des modifications auraient été apportées pour protéger les survivants.

«Nous ne censurons pas les informations qui concernent le président Trump, ni aucune autre personne impliquée avec M. Epstein, et cette histoire, qui n’est absolument pas fondée sur des faits, est complètement fausse», a soutenu M. Blanche sur les ondes de NBC.

M. Blanche a expliqué que M. Trump avait dit de l’affaire Epstein qu’elle était «un canular» parce qu’«il existe un récit selon lequel le ministère de la Justice cache et protège des informations le concernant, ce qui est complètement faux».

«Les documents sur Epstein existent depuis des années et des années, et vous n’avez pas entendu un seul démocrate en parler au cours des quatre dernières années. Et pourtant (...) voilà que tout à coup, de manière inattendue, le sénateur Schumer se soucie soudainement des documents, a remarqué M. Blanche. C’est ça, le canular.»