Les conservateurs tiennent l’un de leurs plus grands rassemblements annuels à un moment politique périlleux pour le président Donald Trump, et alors que la droite est ouvertement divisée sur le conflit qu’il a déclenché en Iran.
Bien que Donald Trump conserve un large soutien parmi les conservateurs, le conflit en Iran est plus qu’un simple détail pour les militants attirés par sa promesse de campagne L’Amérique d’abord de ne pas s’impliquer dans les conflits étrangers.
Le débat sera sous-jacent — et s’exprimera probablement publiquement — alors que des milliers de militants, d’influenceurs et d’élus républicains se réunissent à la Conférence d’action politique conservatrice (CPAC) qui débute mercredi près de Dallas.
Ce rassemblement contraste avec la réunion festive d’il y a un an, où M. Trump, fraîchement réélu, avait promis de «forger une majorité politique nouvelle et durable» et où Elon Musk avait brandi une tronçonneuse pour symboliser la réduction drastique des effectifs et des procédures administratives menée par l’administration.
Cette année, ni M. Trump ni le vice-président JD Vance n’ont été annoncés publiquement comme intervenants à la conférence. Cependant, parmi les orateurs prévus figurent des figures importantes du mouvement MAGA, qui ont exprimé des opinions divergentes sur le conflit en Iran.
«Il est évident que ce sera un sujet brûlant», a déclaré John Gizzi, un habitué de la CPAC et chroniqueur pour le média conservateur Newsmax, qui a souligné la possibilité d’un engagement américain accru pour une durée indéterminée.
Parmi les orateurs principaux programmés pour cet événement de quatre jours figure Steve Bannon, allié de longue date de Donald Trump.
M. Bannon a indiqué ce mois-ci, dans son balado War Room, que si le conflit s’enlisait, cela pourrait coûter cher aux électeurs conservateurs républicains avant les élections de mi-mandat.
«Nous allons perdre des soutiens», a affirmé M. Bannon.
Le sénateur du Texas, Ted Cruz, partisan du conflit, est également programmé au Gaylord Texan Resort and Convention Center. «Je pense que le président Trump a eu parfaitement raison d’agir pour protéger les Américains», a énoncé M. Cruz la semaine dernière lors d’une entrevue sur CBS News.
La prise de parole prévue de l’ancien représentant de Floride, Matt Gaetz, rappelle les désaccords qui persistent chez certains conservateurs concernant l’alliance militaire américaine avec Israël contre l’Iran.
M. Gaetz, animateur d’une émission sur la chaîne conservatrice One America News Network, a avancé que les États-Unis entretenaient des relations trop étroites avec Israël.
Des personnalités conservatrices populaires, comme Tucker Carlson, ont remis en question les liens historiques des conservateurs avec ce pays, ce qui a suscité des accusations d’antisémitisme de la part de groupes républicains, y compris des républicains pro-israéliens.
Parmi les autres intervenants prévus figurent Tom Homan, chargé de la politique de l’immigration sous Donald Trump, et Michael Whatley, ancien président du Comité national républicain et candidat au Sénat américain en Caroline du Nord.
La popularité de Trump reste forte
Un an après la conférence triomphale organisée par son parti à son retour au pouvoir, la situation est bien différente.
En plein conflit et face aux inquiétudes persistantes concernant l’emploi et le coût de la vie, sa popularité est en baisse. Sa politique intérieure phare, visant à durcir les règles électorales avant les élections de mi-mandat de novembre, est au point mort au sein d’un Congrès contrôlé par son parti. La majorité républicaine à la Chambre des représentants est menacée et le contrôle du Sénat par le parti est moins assuré qu’il y a un an.
Malgré ces divisions, Donald Trump bénéficie d’un soutien indéfectible de l’aile droite de son parti. Selon un sondage AP-NORC réalisé en février, 86 % des conservateurs approuvent l’action du président.
Et si les partisans de Trump restent fidèles, certains au sein des cercles les plus conservateurs estiment que les dissensions concernant l’Iran pourraient être de mauvais augure pour les républicains en novembre.
Le représentant du Texas, Steve Toth, qui prévoit d’assister à la CPAC, a laissé entendre que le soutien à M. Trump demeure solide chez les conservateurs, mais que le discours des républicains sur le conflit pourrait être plus incisif.
«Dans l’ensemble, je n’entends pas de frustration à l’égard du président de la part des partisans de M. Trump, a commenté M. Toth, qui a battu le représentant républicain sortant Dan Crenshaw lors des primaires du 3 mars au Texas. Je ne suis pas certain que nous communiquions efficacement toutes les conséquences.»
Autre contraste frappant avec l’année dernière: la primaire sénatoriale texane, toujours en suspens, représente un véritable casse-tête politique pour Donald Trump.
Le procureur général du Texas, Ken Paxton, qui défie le sénateur républicain sortant John Cornyn, en poste depuis quatre mandats, est non seulement présent à l’événement, mais il y tiendra également un rôle de premier plan, celui de prendre la parole lors du dîner Ronald Reagan vendredi soir. M. Cornyn, quant à lui, n’assistera pas à la conférence texane.
Il y a trois semaines, M. Trump avait déclaré qu’il apporterait bientôt son soutien à l’un des deux candidats, après que M. Paxton ait terminé de justesse derrière M. Cornyn lors de la primaire du 3 mars, bien qu’aucun des deux n’ait obtenu la majorité nécessaire pour éviter un second tour le 26 mai.
Donald Trump a exhorté le candidat non investi à se retirer, écrivant sur les réseaux sociaux que cette lutte acharnée «ne peut plus se prolonger, pour le bien du Parti et du Pays».
La date limite pour le retrait des candidatures au second tour des élections, prévu le 26 mai, est passée la semaine dernière, tandis que M. Paxton et M. Cornyn intensifiaient leurs campagnes publicitaires d’attaques réciproques.
