Les responsables des services d’incendie et des services médicaux ont émis des mises en garde concernant un complément alimentaire proposé aux pompiers chargés de lutter contre les feux de forêt dans l’Ouest américain, qui ont été exposés à des substances chimiques toxiques lors de leur intervention sur certains des plus grands incendies du pays.
Selon les experts, ce complément, le glutathion, administré par voie intraveineuse ou à l’aide d’un appareil semblable à un inhalateur appelé nébuliseur, n’a pas fait la preuve de son innocuité ni de son efficacité et pourrait exposer les pompiers à des risques de maladie en cas de contamination lors de sa fabrication.
Au moins deux pharmacies ont procédé au rappel de ce complément alimentaire en août en raison d’une contamination bactérienne détectée lors de tests effectués dans leurs laboratoires ; l’une d’entre elles a indiqué avoir reçu des signalements de personnes souffrant de fièvre, de frissons, de maux de tête sévères et d’autres symptômes.
«Le glutathion n’étant pas un médicament approuvé par la FDA, les consommateurs doivent faire preuve de prudence quant à la sécurité du produit et aux allégations selon lesquelles le glutathion permettrait de traiter ou de prévenir des maladies», indique un avis de sécurité publié la semaine dernière par l’Association internationale des pompiers (IAFF), un syndicat représentant quelque 360 000 secouristes.
Cet avertissement fait suite à l’utilisation de ce complément alimentaire lors des incendies de forêt de Spokane.
Du glutathion a été proposé aux pompiers lors des récents incendies qui ont détruit des centaines de bâtiments à Spokane, dans l’État de Washington, et dans ses environs. Lors des breffages matinaux, les responsables des unités médicales venues de Californie et présentes sur place ont exhorté les équipes à se rendre dans une tente où une association à but non lucratif dirigée par des naturopathes agréés proposait ce complément alimentaire.
Un groupe de naturopathes appelé «The Integrative Health Action Network» avait déjà fourni ce complément aux pompiers lors des feux de forêt de janvier 2025 qui ont ravagé le comté de Los Angeles. La collaboration de ce groupe avec les pompiers a débuté après un incendie survenu en 2017 qui avait détruit des milliers de maisons dans la région viticole de Californie.
Bien qu’aucune preuve ne vienne étayer son utilisation, certains pompiers ont déclaré que ce complément les avait aidés à se sentir mieux après avoir respiré des fumées toxiques et ils ont exhorté les autorités pharmaceutiques californiennes à ne pas en restreindre l’accès.
La promotion de ce complément à Spokane a incité des médecins et certains membres à contacter l’IAFF pour lui faire part de leurs inquiétudes concernant les allégations de bienfaits pour la santé, alors qu’aucune étude ne prouve ces allégations ni ne démontre l’innocuité du complément, a expliqué Sean DeCrane, assistant du président général de l’IAFF chargé de la santé et de la sécurité. Certains médecins ont mis en garde contre des effets indésirables.
L’IAFF a également reçu des témoignages indiquant que certains pompiers se sentaient moins bien ou tombaient malades après avoir suivi ce traitement. Les traitements médicaux commercialisés à l’intention des pompiers devraient être évalués et testés afin de s’assurer qu’ils n’entraînent pas de conséquences indésirables, a déclaré M. DeCrane.
En réponse à cet avis de sécurité, Jen Riegle, naturopathe et cofondatrice de l’Integrative Health Action Network, a déclaré que l’organisation reconnaissait la nécessité de mener des recherches évaluées par des pairs afin de déterminer si le glutathion pouvait réduire l’exposition aux substances chimiques chez les pompiers, et qu’elle «explorait activement des partenariats à cette fin».
