Au moins 36 travailleurs humanitaires et sous-traitants ont été tués au Soudan du Sud depuis janvier — dépassant ainsi le nombre de 31 victimes enregistrées sur l’ensemble de l’année 2025 — alors que les violences persistent dans ce pays qui figure parmi les plus dangereux pour les travailleurs humanitaires, a déclaré mercredi le coordinateur humanitaire des Nations unies sur place.
«Ce ne sont pas que des statistiques», a rappelé Ramanathan Balakrishnan dans un communiqué publié à l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire.
«Chaque meurtre doit faire l’objet d’une enquête, et les responsables doivent être traduits en justice. La perte continue de personnel humanitaire, composé en grande majorité de Sud-Soudanais, est inacceptable.»
Plus de 450 incidents de violence à l’encontre de travailleurs humanitaires et de leurs biens ont été signalés entre janvier et juillet, soit plus du double du nombre enregistré au cours de la même période l’année dernière, selon la Mission des Nations unies au Soudan du Sud.
La reprise des combats entre les forces gouvernementales et les combattants de l’opposition a contraint les organisations humanitaires à se retirer de certaines zones, restreignant encore davantage l’accès aux communautés vulnérables dans ce pays d’environ 12 millions d’habitants aux prises avec ce conflit et les effets des changements climatiques depuis qu’il a obtenu son indépendance du Soudan en 2011.
Des organisations humanitaires appellent le gouvernement du Soudan du Sud et toutes les parties à l’accord de paix de 2018 — destiné à mettre fin à la guerre civile, à protéger les travailleurs humanitaires — à enquêter sur les attaques et à garantir un accès sûr et sans entrave aux personnes dans le besoin.
Selon l’ONU, environ 10 millions de personnes devraient avoir besoin d’une aide humanitaire cette année, dont plus de 7,5 millions confrontées à un niveau élevé d’insécurité alimentaire grave.
La semaine dernière, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et le Programme alimentaire mondial ont averti que plus de 650 000 réfugiés et demandeurs d’asile au Soudan du Sud risquaient de perdre l’accès à une aide alimentaire, nutritionnelle et autre indispensable à leur survie en raison d’un grave manque de financement.
