Un équipage spatial américano-russe est arrivé mardi à la Station spatiale internationale après avoir décollé du cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, loué par la Russie.
L’astronaute de la NASA Anil Menon et ses coéquipiers russes Piotr Dubrov et Anna Kikina ont décollé comme prévu à 10 h 47 (heure de l’est) à bord du vaisseau Soyouz MS-29 de Roscosmos pour une mission de huit mois à bord de la station orbitale. Leur vaisseau s’est arrimé sans encombre à la station en mode automatique environ trois heures après le lancement.
L’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, a assisté au lancement. Il s’agissait de la première visite d’un responsable de la NASA à Baïkonour depuis huit ans, soulignant la coopération continue dans ce domaine entre Moscou et Washington, malgré les tensions liées à l’intervention militaire russe en Ukraine.
Avant le lancement, M. Isaacman a rencontré le directeur de l’agence spatiale russe Roscosmos, Dmitry Bakanov. S’exprimant lors de la réunion de lundi avec l’équipage, M. Isaacman a remercié Roscosmos pour ses efforts dans la préparation de la mission, déclarant que «le travail coordonné accompli au cours des derniers mois reflète le professionnalisme et le dévouement de toutes les personnes impliquées».
M. Isaacman s’est également entretenu avec le vice-premier ministre russe, Denis Manturov. Le bureau de M. Manturov a indiqué qu’ils avaient discuté d’une coopération future concernant la Station spatiale internationale et d’autres projets.
Il s’agit du premier vol spatial d’Anil Menon et du deuxième pour Piotr Dubrov et Anna Kikina.
Le trio rejoindra les astronautes de la NASA Jessica Meir, Jack Hathaway et Chris Williams, l’astronaute de l’Agence spatiale européenne Sophie Adenot, ainsi que les cosmonautes de Roscosmos Sergueï Kud-Sverchkov, Sergueï Mikaïev et Andreï Fedyaïev.
Autrefois rivaux acharnés dans la course à l’espace pendant la Guerre froide, la Russie et les États-Unis coopèrent aujourd’hui sur la station spatiale et d’autres projets. Ces relations ont été entachées par des tensions après l’envoi de troupes russes en Ukraine en 2022, mais Washington et Moscou ont continué à travailler de concert, des équipages américains et russes se rendant à la station orbitale à bord des vaisseaux spatiaux de chaque pays.
Les projets de coopération plus large, notamment une éventuelle participation russe au programme Artemis de la NASA consacré à la recherche lunaire, ont échoué. Alors que la Russie dépend de plus en plus de la Chine pour ses exportations d’énergie et ses importations de technologies clés dans un contexte de sanctions occidentales, Roscosmos a entamé une coopération avec la Chine dans le cadre de sa future mission lunaire.
