International

Le Venezuela libère des dizaines de prisonniers, des centaines restent détenus

Cette décision intervient alors que les États-Unis continuent de faire pression sur le gouvernement par intérim.

Publié le 

Carlos Andres Perez (à droite) embrasse sa cousine à sa sortie de prison à Tocuyito, au Venezuela, le dimanche 25 janvier 2026. Carlos Andres Perez (à droite) embrasse sa cousine à sa sortie de prison à Tocuyito, au Venezuela, le dimanche 25 janvier 2026. (Jacinto Oliveros)

La principale organisation vénézuélienne de défense des droits des prisonniers a annoncé lundi la libération de plusieurs dizaines de détenus au cours de la fin de semaine.

Cette décision intervient alors que les États-Unis continuent de faire pression sur le gouvernement par intérim pour obtenir la libération de centaines de dissidents emprisonnés sous le régime de l’ancien président Nicolas Maduro.

Alfredo Romero, président de Foro Penal, a indiqué dans un message publié sur X que 266 «prisonniers politiques» avaient été libérés depuis le 8 janvier, date à laquelle le gouvernement par intérim vénézuélien avait promis de libérer un «nombre important» de prisonniers dans le cadre d’une initiative visant à promouvoir la réconciliation nationale. Selon les chiffres publiés par l’organisation, au moins 100 de ces prisonniers ont été libérés ces deux derniers jours.

M. Maduro a été capturé par les États-Unis lors d’un raid le 3 janvier et remplacé par la vice-présidente Delcy Rodriguez, une figure historique du parti au pouvoir, qui assure désormais l’intérim à la présidence.

«Je suis heureux d’annoncer que le Venezuela libère ses prisonniers politiques à un rythme soutenu, qui s’accélérera encore dans les prochains jours. Je tiens à remercier les dirigeants vénézuéliens d’avoir accepté ce geste humanitaire fort!», a déclaré le président américain Donald Trump sur Truth Social.

Le Groenland, la Colombie et Cuba dans le viseur américain Après le Venezuela, Donald Trump et les États-Unis visent maintenant le Groenland, la Colombie et Cuba.

Selon des organisations de défense des droits de l’homme, parmi les prisonniers libérés cette fin de semaine, figurent un militant de l’opposition, un avocat spécialisé dans les droits de l’homme et un étudiant en journalisme emprisonné en mars pour avoir publié des critiques sur le système d’égouts de sa ville natale et accusé d’«incitation à la haine».

Cependant, au moins 600 dissidents restent détenus au Venezuela, selon Foro Penal, dont plusieurs membres du parti Vente Venezuela, dirigé par la cheffe de l’opposition et lauréate du prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado.

Mme Rodríguez a indiqué vendredi que son gouvernement avait libéré plus de 620 prisonniers, ajoutant qu’elle demanderait au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme de vérifier les listes de libération. Le ministre vénézuélien de l’Intérieur, Diosdado Cabello, a affirmé lundi lors d’une conférence de presse que 808 prisonniers avaient été libérés depuis décembre.

Les organisations de défense des droits de l’homme au Venezuela accusent le gouvernement de gonfler le nombre de prisonniers libérés, tandis que les autorités prétendent que les organisations non gouvernementales cherchent simplement à discréditer l’État.

M. Cabello a déclaré lundi qu’il n’y avait «pas de prisonniers politiques» au Venezuela. «Seulement des personnes qui ont commis des crimes.»

Devant les prisons vénézuéliennes, des proches de détenus organisent régulièrement des veillées pour exiger la libération de ceux qui sont encore incarcérés.