La Corée du Nord ne renoncera jamais à son statut de puissance nucléaire, a répété lundi son dirigeant Kim Jong-un, pour qui la Corée du Sud est «l’État le plus hostile», selon des médias d’État.
«Nous continuerons à consolider fermement notre statut d’État doté de l’arme nucléaire de façon irréversible, tout en intensifiant agressivement notre lutte contre les forces hostiles», a-t-il assuré dans un discours de politique générale prononcé lundi devant le Parlement à Pyongyang.
Il a également affirmé que les actions américaines relevaient du «terrorisme d’État» et de l’«agression», faisant probablement référence à la guerre au Moyen-Orient déclenchée par des frappes américano-israéliennes sur l’Iran le 28 février.
Le dirigeant a abordé un large éventail de sujets, allant des armes nucléaires et de la politique de défense aux objectifs économiques et aux relations avec la Corée du Sud et les États-Unis, a rapporté l’agence KCNA.
«Conformément à la mission que nous confie la Constitution de la République (de Corée du Nord), nous allons encore développer et renforcer notre dissuasion nucléaire d’autodéfense», a-t-il déclaré.
Le développement de l’arsenal nucléaire est «pleinement justifié», a-t-il ajouté. Pyongyang garantira selon lui la «parfaite disponibilité opérationnelle» de ses forces nucléaires afin de contrer les «menaces stratégiques».
«Cela montre que Kim et les dirigeants, qui considèrent avec une grave inquiétude les récentes attaques américaines contre le Venezuela et l’Iran, interprètent ces événements en renforçant leur décision de poursuivre le développement des capacités nucléaires de la Corée du Nord», selon Hong Min, analyste principal à l’Institut coréen pour la réunification nationale.
M. Kim n’a pas mâché ses mots au sujet de son voisin du sud.
«Nous désignerons la Corée du Sud comme l’État le plus hostile et nous la traiterons comme telle de manière implacable», a‑t‑il dit, promettant de «la faire payer sans pitié - sans la moindre (…) hésitation - pour tout acte portant atteinte» à la Corée du Nord.
Pour Andrei Lankov, un professeur de l’Université Kookmin de Séoul, «l’expérience de l’Iran a de nouveau confirmé ce que les Nord-Coréens savent déjà : dans le monde contemporain, la seule garantie de sécurité est bien l’arme nucléaire».
L’organe législatif nord-coréen a réélu dimanche Kim Jong-un à la présidence des affaires d’État, le poste le plus élevé du pouvoir.
Le leader nord-coréen a également proposé la création d’un véritable «système de police» dans le pays, estimant qu’il était «essentiel» pour la sécurité nationale et la stabilité de la société.
