De fortes pluies suivies d’une sévère sécheresse pourraient frapper le Sri Lanka, qui se prépare à affronter le «pire» épisode d’El Niño de son histoire, a déclaré jeudi le ministre de l’Environnement.
Le phénomène climatique El Niño est une variation naturelle du climat caractérisée par un réchauffement des eaux de surface du centre et de l’est de l’océan Pacifique équatorial.
Il provoque pendant des mois d’importantes perturbations des régimes de vents, de pression atmosphérique et de précipitations à l’échelle mondiale.
Le ministre de l’Environnement, Dhammika Patabendi, a indiqué que les météorologues prévoyaient des pluies diluviennes de fin septembre à décembre, suivies d’une sécheresse prolongée au début de l’année prochaine.
Le gouvernement a créé un comité ministériel chargé de faire face aux conséquences de ce que M. Patabendi a qualifié de «pire épisode» d’El Niño jamais enregistré dans ce pays de 22 millions d’habitants.
«La sécheresse sera très sévère entre janvier et avril, et c’est à ce moment-là que nous serons confrontés à de sérieux défis», a expliqué le ministre à la presse.
«Nous nous préparons à limiter les effets de la crise à venir» qui pourrait notamment avoir de lourdes répercussions sur l’agriculture, qui emploie environ un quart de la main-d’œuvre et reste un secteur clé de l’économie.
Le mois dernier, le ministre avait appelé les agriculteurs à entamer les plantations de riz dès le début du mois d’octobre, soit deux semaines plus tôt que prévu, afin de tirer parti de l’arrivée précoce des pluies.
M. Patabendi a indiqué que le gouvernement étudiait également les conséquences d’El Niño sur la croissance économique de l’île.
Les réservoirs d’eau, y compris ceux alimentant les centrales hydroélectriques, sont actuellement remplis à 56% de leur capacité, selon les autorités.
Si ce niveau est comparable, voire supérieur, à ceux observés les années précédentes, des inquiétudes demeurent quant aux réserves d’eau disponibles l’an prochain si les conditions de sécheresse s’aggravent comme prévu, a déclaré M. Patabendi.
D’intenses précipitations pourraient entraîner des glissements de terrain dans les régions montagneuses, qui ont déjà été durement touchées en novembre dernier par le cyclone dévastateur Ditwah.
Il avait fait 643 morts, des dizaines de milliers de sinistrés et des dégâts estimés par la Banque mondiale à plus de 4 milliards de dollars.
