International

Le Sénat confirme la nomination de Kevin Warsh au poste de président de la Fed

La confirmation de M. Warsh avait été remise en question ces derniers mois.

Mis à jour le 

Publié le 

Kevin Warsh témoigne lors de son audition de nomination au poste de membre et de président du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale devant la commission sénatoriale des affaires bancaires, du logement et des affaires urbaines, au Capitole, à... Kevin Warsh témoigne lors de son audition de nomination au poste de membre et de président du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale devant la commission sénatoriale des affaires bancaires, du logement et des affaires urbaines, au Capitole, à Washington, le mardi 21 avril 2026. Photo AP (Jose Luis Magana)

Le Sénat américain a confirmé mercredi la nomination par le président Donald Trump de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale, apportant ainsi une nouvelle direction à la banque centrale la plus puissante du monde à un moment critique pour l’économie mondiale.

M. Warsh a été confirmé mercredi à l’issue d’un vote qui a largement suivi les lignes de parti.

La confirmation de M. Warsh avait été remise en question ces derniers mois après que le sénateur républicain de Caroline du Nord, Thom Tillis, eut mentionné qu’il bloquerait cette nomination tant que le ministère de la Justice enquêterait sur le président de la Réserve fédérale (Fed), Jerome Powell.

L’enquête sur M. Powell a été abandonnée en avril, ouvrant la voie à la confirmation de M. Warsh par le Sénat.

Le leader de la majorité au Sénat, John Thune, a exhorté ses collègues à soutenir M. Warsh lors d’un discours prononcé mercredi matin en séance plénière.

Il a affirmé qu’il est essentiel qu’un président de la Fed «comprenne non seulement la macroéconomie», mais «apprécie également la microéconomie, c’est-à-dire les Américains qui travaillent dur, leurs emplois et leurs moyens de subsistance».

«Kevin Warsh est exactement ce genre de personne», a soutenu M. Thune.

Âgé de 56 ans, M. Warsh, ancien haut responsable de la Fed, prend la présidence à un moment particulièrement difficile pour cette agence indépendante.

L’inflation dépasse l’objectif de 2 % de la Fed depuis cinq ans et s’accélère actuellement en raison de la flambée des prix de l’essence.

Le comité de la Fed chargé de fixer les taux d’intérêt est divisé et a enregistré le mois dernier le plus grand nombre de votes dissidents depuis plus de 30 ans.

Quant à M. Powell, après des années d’attaques personnelles de la part du président républicain et une enquête judiciaire sans précédent menée par le ministère de la Justice, il prévoit de rester au conseil d’administration de la Fed même après la fin de son mandat de président, ce qui pourrait créer un centre de pouvoir concurrent.

La Fed a dû faire face à de nombreuses menaces pesant sur son indépendance de la part de M. Trump, qui a attaqué à plusieurs reprises M. Powell pour ne pas avoir baissé les taux d’intérêt.

Donald Trump a également cherché à limoger la gouverneure de la Fed Lisa Cook et a lancé une enquête sur un bref témoignage de M. Powell devant le Sénat concernant la rénovation d’un bâtiment.

Kevin Hassett, directeur du Conseil économique national de la Maison-Blanche, a indiqué dimanche lors d’une entrevue sur Fox News qu’il pensait que les marchés étaient soulagés que M. Warsh «allait contribuer à faire baisser les taux d’intérêt à terme».

«Évidemment, en fonction des données. Je ne mets aucune pression sur Kevin Warsh, a souligné M. Hassett. Nous savons que c’est une personne extrêmement intelligente et compétente, capable d’être très convaincante lorsqu’elle s’adresse à ses collègues.»

En décembre, M. Trump a déclaré sur ses médias sociaux qu’il souhaitait un président de la Fed qui baisserait les taux d’intérêt lorsque le marché boursier progressait, à l’opposé de ce que préconiserait l’économie traditionnelle.

«Quiconque n’est pas d’accord avec moi ne sera jamais président de la Fed!» a-t-il ajouté.

Les commentaires de M. Trump ont alimenté les inquiétudes quant à savoir si M. Warsh fixera les taux en fonction des conditions économiques ou s’il cherchera à les baisser pour apaiser le président, même si cela risquait d’aggraver l’inflation.

Lors de l’audition de confirmation de M. Warsh le mois dernier, la sénatrice Elizabeth Warren, une démocrate du Massachusetts, l’a qualifié de «marionnette» de M. Trump.

M. Warsh a refusé de reconnaître que le démocrate Joe Biden avait remporté l’élection de 2020 face à M. Trump, qui a faussement affirmé que la fraude électorale lui avait coûté sa réélection.

Pourtant, M. Warsh a nié lors de l’audition que M. Trump l’ait poussé à réduire le taux directeur de la Fed.

«Le président ne m’a jamais demandé de m’engager sur une décision particulière en matière de taux d’intérêt, point final, a alors déclaré M. Warsh. Et je n’aurais jamais accepté de le faire s’il l’avait fait. (...) Je serai un acteur indépendant si je suis confirmé à la présidence de la Réserve fédérale.»

___

Le journaliste de l’Associated Press Joey Cappelletti a contribué à cet article.

Christopher Rugaber

Journaliste