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Le Sénat américain tente de réguler le sport universitaire et ses milliards de dollars

Le projet de loi «ne va pas seulement sauver le sport universitaire, il va sauver les université elles-mêmes», s’est enthousiasmé Donald Trump.

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Un joueur de Notre Dame fait rebondir un ballon de football américain de la marque Wilson, orné du logo des Fighting Irish, lors de la première mi-temps d'un match de football universitaire de la NCAA contre Tennessee State, le 2 septembre 2023, à South Bend, dans l'Indiana. Photo AP Un joueur de Notre Dame fait rebondir un ballon de football américain de la marque Wilson, orné du logo des Fighting Irish, lors de la première mi-temps d'un match de football universitaire de la NCAA contre Tennessee State, le 2 septembre 2023, à South Bend, dans l'Indiana. Photo AP (Michael Caterina)

Le Sénat américain a adopté lundi un projet de loi visant à durcir les régulations autour du sport universitaire, une industrie lucrative aux États-Unis et en voie de professionnalisation ces dernières années.

Le texte, intitulé Protect College Sports Act (PCSA), est soutenu par les universités ainsi que par l’organisation qui régit le sport universitaire, la NCAA, tandis que de grands syndicats, comme l’AFL-CIO, s’y opposent.

Il a été adopté avec 77 voix pour et 22 contre et se dirige à présent vers la Chambre des représentants.

Le projet de loi «ne va pas seulement sauver le sport universitaire, il va sauver les université elles-mêmes», s’est enthousiasmé le président Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Mais aucune session parlementaire n’est prévue pour les députés avant les élections de mi-mandat, le 3 novembre, et un vote final sur le texte n’aura donc pas lieu avant cette date.

Pour la NCAA, qui a dépensé des millions de dollars en lobbying en faveur du projet de loi, celui-ci «restaure des règles de bon sens» pour le sport universitaire, après l’abolition il y a quelques années de l’obligation d’amateurisme absolu pour les athlètes-étudiants.

Ces derniers sont aujourd’hui autorisés à tirer profit de leur nom et de leur image avec des commanditaires, alors que toute compensation était prohibée auparavant.

Aux États-Unis, certains sports universitaires — en particulier le football américain et le basket — ont un statut quasi religieux et brassent chaque année des dizaines de milliards de dollars.

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Les détracteurs de la professionnalisation du sport universitaire dénoncent le fait qu’aujourd’hui certains athlètes sont autorisés à changer d’université chaque année, en quête d’une rémunération plus intéressante.

Le PCSA a pour but d’uniformiser les différentes législations à l’échelle des États américains sous une même loi fédérale.

Il accorderait au secteur du sport universitaire une exemption à certaines règles de protection de la concurrence et limiterait notamment les transferts à un seul par athlète dans sa carrière universitaire.

Pour les opposants au PCSA, la nouvelle loi vient au détriment des athlètes, qui avaient réussi à arracher une plus grande indépendance avec la fin de l’amateurisme absolu.

«Au cours des dernières années, les athlètes universitaires ont réalisé des progrès considérables vers l’affirmation de leurs droits», a affirmé le syndicat AFL-CIO dans une lettre ouverte en août.

Mais le texte «jugule leurs progrès et sacralise la vieille structure de pouvoir», ajoute-t-il.