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Le Royaume-Uni vulnérable face à la menace russe dans l’Arctique, alertent des députés

Le Grand Nord est devenu ces dernières années un enjeu stratégique majeur, dans un contexte de rivalités croissantes entre Moscou, Washington et Pékin.

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Un drapeau britannique flotte près de Big Ben à Londres, le 31 janvier 2025, à l'occasion du 5e anniversaire de la sortie officielle du Royaume-Uni de l'Union européenne. Un drapeau britannique flotte près de Big Ben à Londres, le 31 janvier 2025, à l'occasion du 5e anniversaire de la sortie officielle du Royaume-Uni de l'Union européenne. (Kirsty Wigglesworth/AP)

Le Royaume-Uni présente des «lacunes flagrantes» dans ses capacités militaires dans l’Arctique, exposant ses infrastructures stratégiques, comme les câbles sous-marins et les pipelines, à la menace russe, alertent des députés britanniques dans un rapport publié jeudi.

Selon la commission Défense de la Chambre des communes, la flotte britannique souffre d’une «indisponibilité choquante» de sous-marins et ne dispose pas d’une «capacité crédible» à opérer sous la banquise arctique.

Le Grand Nord est devenu ces dernières années un enjeu stratégique majeur, dans un contexte de rivalités croissantes entre Moscou, Washington et Pékin pour le contrôle des ressources naturelles et des nouvelles routes maritimes ouvertes par la fonte des glaces.

«La Russie utilise la région comme base afin de projeter une grande partie de ses capacités militaires vers les régions voisines. Cela inclut les eaux britanniques, où l’on a constaté une augmentation significative des menaces hybrides visant les infrastructures sous-marines critiques», telles que les gazoducs et câbles de données, souligne le rapport de la commission parlementaire.

Selon une enquête du journal The Telegraph publiée jeudi, la Russie utilise des chalutiers de pêche pour espionner et cartographier les câbles sous-marins britanniques reliant le pays à l’Europe et aux États-Unis.

Le rapport parlementaire souligne que les frégates et sous-marins de la Royal Navy sont vieillissants et fréquemment immobilisés pour maintenance.

La défense du Canada et de l’Arctique entre dans une nouvelle ère, selon Jennie Carignan La défense du Canada et de l’Arctique entre dans une nouvelle ère, a affirmé la cheffe d'état-major de la Défense, Jennie Carignan. En entrevue avec l'AFP, elle parle également d'un «moment charnière» pour l'armée canadienne et fait le constat que «la géographie» ne protège plus le pays «aussi bien que dans le passé».

Seulement cinq frégates de Type 23 — chargées de traquer les sous-marins hostiles — et six destroyers de Type 45 sont actuellement en service, soit à peine plus de la moitié de l’objectif de 19 navires fixé par la marine britannique.

«Le Royaume-Uni doit regarder une vérité dérangeante en face : il ne dispose pas aujourd’hui de toutes les capacités nécessaires pour opérer avec succès dans l’Arctique», estime le président de la commission, le travailliste Tanmanjeet Dhesi.

L’Arctique est un «environnement exigeant et hostile, que notre principal adversaire, la Russie, cherche à dominer à des fins militaires», a-t-il poursuivi, ajoutant que les mesures destinées à remédier à ces lacunes «ne sauraient commencer trop tôt».

Signe de l’importance de cette région, l’Union européenne a présenté mardi une nouvelle stratégie pour l’Arctique, avec pour grandes lignes le renforcement de sa flotte de brise-glaces et de son système de surveillance, et la connexion à long terme de l’Europe et du Japon par un câble de communication passant par le Groenland et le Canada.