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Le renseignement allemand constate une «escalade» de la «guerre de l’ombre» russe

«L’Allemagne est en danger de se retrouver entraînée dans un conflit violent avec la Russie», a déclaré Martin Jäger.

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Martin Jaeger, futur président du Service fédéral de renseignement (BND), lors de la cérémonie de passation de pouvoir, à Berlin, en Allemagne, le jeudi 11 septembre 2025. Martin Jaeger, futur président du Service fédéral de renseignement (BND), lors de la cérémonie de passation de pouvoir, à Berlin, en Allemagne, le jeudi 11 septembre 2025. (Liesa Johannssen/AP)

Le chef du renseignement extérieur allemand a accusé lundi la Russie d’intensifier sa «guerre de l’ombre» contre l’Allemagne, accroissant le risque d’un conflit armé.

«L’Allemagne est en danger de se retrouver entraînée dans un conflit violent avec la Russie», a déclaré Martin Jäger, président du BND face aux députés de la commission de contrôle des services de renseignement.

Membre de l’OTAN, l’Allemagne est devenue le premier soutien de l’Ukraine, et, selon le gouvernement, la cible privilégiée d’actions hostiles russes, allant de campagnes de désinformation à la tentative d’assassinat en passant par l’espionnage.

«Aucun autre pays ne représente actuellement une menace aussi directe, globale et concrète pour l’Allemagne», a-t-il ajouté.

M. Jäger a cité la tentative d’attentat au drone contre un avion de transport ukrainien dans l’aéroport de Leipzig en août, pour laquelle des agents russes sont les principaux suspects.

Cet événement n’est qu’un «exemple», selon M. Jäger, pour qui la Russie est la «menace la plus directe, la plus large et la plus concrète» pour l’Allemagne car Berlin s’oppose à la «projection de la puissance hégémonique russe en Europe».

Un partenariat pour «100 ans» entre Ottawa et Kyiv Le premier ministre canadien, Mark Carney, a annoncé jeudi le déblocage de 350 millions de dollars canadiens pour fournir des moyens de défense aérienne à l’Ukraine, avec qui le Canada a par ailleurs signé un partenariat en matière de production de drones.

«Actions ciblées» contre l’OTAN

Le BND ne voit pour autant pas d’indices que la Russie préparerait une attaque d’ampleur contre l’OTAN, mais juge plausible, en particulier dans les pays baltes, des «activités militaires de basse intensité de la Russie».

Là, a-t-il averti, la Russie pourrait lancer «des actions ciblées, de plus petite envergure», semblables au déploiement de soldats masqués en uniforme sans insigne, comme les troupes russes qui avaient annexée de force en 2014 la Crimée, péninsule du sud de l’Ukraine.

L’objectif, selon M. Jäger, serait «de tester l’OTAN et de voir comment l’alliance réagit à de telles incursions».

Les services de renseignement jouent un rôle essentiel dans cette «guerre de l’ombre», a-t-il ajouté, soulignant l’importance d’une vaste réforme des agences de renseignement allemandes attendue cette année et qui doit permettre des actions plus offensives, au-delà de la collecte d’informations.

Le chancelier allemand Friedrich Merz, en visite dimanche à Kyiv, a promis de continuer à soutenir l’Ukraine afin aussi de protéger l’Europe, alors que l’AfD, parti d’opposition pro-russe et d’extrême droite réclamant la fin de l’aide à Kyiv, gagne du terrain en Allemagne.

«C’est une grande illusion que de croire que la confrontation avec la Russie cessera avec la fin de la guerre en Ukraine», a par ailleurs mis en garde le chef du renseignement extérieur.

Risques liés aux technologies chinoises

Le service de renseignement intérieur allemand a également mis en garde contre les risques liés à l’essor des technologies chinoises en Allemagne, jugeant qu’elles pouvaient menacer la souveraineté technologique et la sécurité du pays.

Les produits technologiques chinois, à l’instar des voitures, permettent de «potentiels abus, allant des fuites de données à la possibilité de désactivation complète», a déclaré Sinan Selen, le chef de l’office de protection de la Constitution BfV, lors d’une audience publique annuelle des chefs des services de renseignement devant une commission parlementaire.

Selon lui, la dépendance croissante à l’égard de technologies étrangères pose un défi pour «la résilience» du pays.

Interrogé sur les voitures chinoises, dont les ventes progressent rapidement en Allemagne sur le segment de l’électrique, il a dit observer cette situation «avec grande inquiétude».

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Il redoute une «fuite de données, susceptibles d’être également exploitées à mauvais escient».

«Si l’on garde ensuite à l’esprit la disponibilité de ces données non seulement au sein de l’entreprise mais aussi au sein d’instances étatiques, il en résulte un vecteur sécuritaire auquel nous devons accorder une attention bien plus grande», a-t-il conclu.

Le gouvernement allemand a adopté en 2023 sa première stratégie sur la Chine, annonçant vouloir réduire les risques liés aux dépendances excessives et favoriser la diversification des chaînes d’approvisionnement.

Mais en 2026, Pékin reste le premier partenaire commercial de l’Allemagne en raison des importations depuis la Chine.