Le rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits humains en Afghanistan, Richard Bennett, a condamné mardi «l’attaque haineuse» qui a blessé de nombreux enfants «près d’une école» d’un quartier de Kaboul habité principalement par la communauté hazara.
Une habitante du quartier a raconté à l’AFP, sous couvert d’anonymat pour raisons de sécurité, s’être rendue près de l’école juste après avoir entendu qu’une explosion avait eu lieu lundi.
«Quand je suis arrivée, des gens emportaient des blessés vers l’hôpital. Il y avait des ambulances, mais pas en nombre suffisant, donc les gens ont utilisé leur voiture personnelle pour transporter les enfants» blessés, a-t-elle témoigné. «Il y avait tellement de blessés que je n’ai pas pu les compter».
La police de la capitale afghane a indiqué lundi soir que «plusieurs enfants ont été blessés légèrement à la suite de l’explosion d’une grenade dans une école du quartier de Shahrak-Mahdia».
Interrogé par l’AFP, le porte-parole de la police n’a pas précisé s’il s’agissait d’une attaque ou d’un des nombreux objets explosifs datant d’une guerre passée encore présent dans le sol, qui régulièrement blessent ou tuent en Afghanistan.
«Une enquête est en cours», s’est borné à indiquer ce porte-parole, Khalid Zadran.
Des équipes spécialisées dans le déminage sont sur le site de l’école, a appris mardi l’AFP auprès de la Direction afghane pour la coordination de l’action contre les mines (DMAC).
Un important dispositif de sécurité est déployé, a indiqué à l’AFP une résidente du quartier sous couvert d’anonymat.
L’explosion a eu lieu vers 17h lundi selon la police, dans une école primaire et maternelle privée appelée Sham-e Hedayat, qui accueille des sections pour les filles et les garçons. L’école a invité sur sa page Facebook à «prier pour les blessés».
L’établissement est situé dans le quartier de Dasht-e-Barchi où vit une importante communauté hazara de confession chiite, visée dans le passé par des attaques de mouvements armés sunnites comme le groupe jihadiste État islamique.
«Encore une fois, cette zone de Kaboul habitée principalement par des Hazara a été visée. Déplorable!», a écrit M. Bennett sur X en demandant «une enquête complète et indépendante» pour que les «auteurs soient jugés».
Beaucoup des élèves de cette école sont pauvres et orphelins, a indiqué à l’AFP une ancienne enseignante de l’établissement.
En 2024, le groupe EI avait entre autres revendiqué un attentat à la bombe contre un minibus dans le quartier de Dasht-e-Barchi, qui avait fait un mort et des dizaines de blessés.
