Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est atterrit à Calgary mercredi soir, en prévision d’une rencontre prévue avec le premier ministre Mark Carney.
Ils doivent se rencontrer dans cette ville jeudi matin, et M. Zelensky doit par la suite prendre la parole lors d’une réunion du Conseil des ministres à Banff, en Alberta.
M. Carney a déclaré que le programme de la visite porterait principalement sur les priorités communes des deux pays, notamment l’approfondissement de la coopération en matière de défense, d’économie et d’énergie.
«Il portera également sur le coût humain de la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine et misera sur les liens solides qui unissent nos populations», a indiqué M. Carney dans un communiqué.
«Le Canada demeure fermement déterminé à favoriser la défense, le rétablissement et la reconstruction de l’Ukraine.»
— Mark Carney, premier ministre du Canada
M. Zelensky et son épouse, Olena Zelenska, ont été accueillis à l’aéroport de Calgary par plusieurs responsables, dont la ministre des Affaires étrangères Anita Anand, avant d’être emmenés à toute vitesse à bord d’un VUS noir.
Le couple doit également se rendre à Toronto et à North Bay, en Ontario, avant de repartir vendredi.
Il s’agit de la première visite de M. Zelensky au Canada cette année. Il s’était rendu à Halifax en décembre dans le cadre des efforts visant à mettre fin à la guerre déclenchée en 2014 par la Russie.
M. Carney s’est rendu à Kyiv en août 2025, et son prédécesseur, Justin Trudeau, s’est rendu en Ukraine chaque année depuis le début de l’invasion russe de février 2022.
Kyiv a subi une vague de frappes aériennes de Moscou ces derniers mois, et l’Ukraine a lancé un appel à ses alliés pour obtenir davantage de soutien en matière de défense aérienne.
Depuis 2022, le Canada s’est engagé à verser 6,5 milliards $ d’aide militaire à l’Ukraine jusqu’en 2029.
Des députés de tous bords ont placé l’Ukraine au cœur de leurs programmes de politique étrangère. En mai, le Canada a adhéré à un accord visant à tirer les enseignements des fabricants ukrainiens de drones.
Ottawa n’a fait aucune nouvelle annonce de financement en faveur de l’Ukraine depuis.
L’Institut de Kiel, qui évalue les contributions mondiales faites à l’Ukraine, classe le Canada au quatrième rang en termes de montant absolu et à la douzième place par rapport au produit intérieur brut.
Les contributions du Canada comprennent une aide militaire, un financement public et un soutien humanitaire.
Ces derniers mois, l’Ukraine a réussi à contenir les avancées russes et à frapper des cibles au delà de la frontière, notamment des raffineries de pétrole et des entrepôts appartenant au plus grand détaillant en ligne de Russie.
Moscou a parfois laissé entendre que le conflit pourrait prendre fin, mais les responsables ukrainiens et européens ont déclaré que la guerre ne devrait prendre fin qu’à des conditions empêchant la Russie de se réarmer et d’attaquer ailleurs.
Troubles en Europe
La visite de Zelensky intervient alors que les dirigeants européens affirment que la Russie étend le conflit par des actes de sabotage, notamment en payant des jeunes pour qu’ils saccagent des voies ferrées. Des aéroports européens ont dû suspendre leurs activités à plusieurs reprises en raison de drones attribués à la Russie.
La semaine dernière, l’Allemagne a accusé la Russie d’avoir orchestré ce qu’elle a qualifié de tentative d’attaque à l’aide d’un drone piégé près d’un avion-cargo ukrainien à l’aéroport de Leipzig.
«L’attaque contre un avion-cargo ukrainien en sol allemand constitue une tentative flagrante de la part de la Russie d’affaiblir notre engagement et notre défense collective, une démarche qui est vouée à l’échec», a affirmé M. Carney.
Partout en Europe, des partis politiques autrefois considérés comme marginaux en raison de leur soutien à la Russie ont vu leur popularité augmenter alors que le continent est confronté à des crises économiques, environnementales et migratoires.
La visite de M. Zelensky intervient également à un moment où la pression interne s’intensifie sur son propre gouvernement, élu en 2019 et incapable d’organiser des élections en raison d’une interdiction constitutionnelle de tout scrutin en période de loi martiale.
En juillet, M. Zelensky a limogé son ministre de la Défense et son chef d’état-major après plusieurs jours de manifestations. Ses opposants l’ont accusé d’être impliqué dans divers scandales de corruption.
L’Ukraine compte de plus en plus sur le Canada pour défendre sa souveraineté et plaider en faveur d’une issue juste à la guerre au sein de diverses instances internationales.
Le président américain Donald Trump doit accueillir les dirigeants mondiaux à Miami à l’occasion du sommet du G20 en décembre.
Certains détails laissent penser qu’il pourrait autoriser le président russe Vladimir Poutine à y participer, bien que ce dernier fasse l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale.
Ce mandat est fondé sur l’enlèvement par la Russie de milliers d’enfants ukrainiens, ce que la Cour qualifie de crime de guerre probable.
Anita Anand, ministre canadienne des Affaires étrangères, doit co-organiser à la fin du mois un sommet consacré au retour des enfants ukrainiens et des prisonniers de guerre à Toronto.

