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Le président sud-africain promet d'agir sur l'immigration clandestine

L’Afrique du Sud a connu par le passé des violences déclenchées par la colère suscitée par la présence de migrants.

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Des Sud-Africains manifestent contre l'immigration clandestine à Johannesburg, en Afrique du Sud, le 29 avril 2026. AP Photo/Themba Hadebe, Archive Des Sud-Africains manifestent contre l'immigration clandestine à Johannesburg, en Afrique du Sud, le 29 avril 2026. AP Photo (Themba Hadebe)

Le président sud-africain a promis dimanche de prendre des mesures concernant ce qu’il a qualifié de préoccupations liées à l’immigration clandestine, à la suite d’une recrudescence des manifestations et des sentiments anti-immigration dans la plus grande économie d’Afrique. D’autres pays affirment que leurs ressortissants ont été la cible d’attaques xénophobes.

Les commentaires du président Cyril Ramaphosa, formulés lors d’un discours à la télévision nationale consacré à cette question, constituaient une reconnaissance de ces tensions. Des groupes de protestataires anti-immigration ont déclaré avoir fixé au 30 juin la date limite pour le départ des ressortissants étrangers en situation irrégulière en Afrique du Sud et ont demandé à entamer des discussions avec le gouvernement.

L’Afrique du Sud a connu par le passé des violences déclenchées par la colère suscitée par la présence de migrants, notamment en 2008, lorsque plus de 60 personnes ont été tuées au cours d’attaques qualifiées de xénophobes par des organisations internationales de défense des droits de la personne.

Les groupes appelant à une nouvelle répression de l’immigration ont attiré l’attention ces derniers mois avec une série de manifestations. Ils affirment que les ressortissants étrangers en situation irrégulière en Afrique du Sud aggravent le taux de chômage déjà extrêmement élevé et exercent une pression supplémentaire sur les services de santé publique et d’éducation déjà mis à rude épreuve.

«De nombreux Sud-Africains soulèvent des questions difficiles mais légitimes, a dit le président Ramaphosa. Ces préoccupations sont réelles. Elles méritent d’être entendues, et elles méritent d’être prises en compte.»

Toutefois, M. Ramaphosa a également soutenu que les autorités ne toléreraient pas que quiconque se fasse justice soi-même.

«Seuls les représentants autorisés du gouvernement peuvent agir contre les violations de notre loi», a ajouté M. Ramaphosa, avertissant que certains groupes «attisaient» les tensions.

Il n’existe pas de chiffres officiels sur le nombre de migrants en situation irrégulière en Afrique du Sud, bien que diverses estimations situent ce nombre entre 2 et 5 millions sur une population de 62 millions d’habitants.

En tant que pays le plus riche de la région, l’Afrique du Sud a traditionnellement attiré des migrants en provenance des pays voisins, tels que le Zimbabwe, le Mozambique et le Lesotho, ainsi que d’autres pays comme le Nigeria, le Ghana, le Malawi et l’Éthiopie. Cette tendance s’observe depuis des décennies.

Le Ghana, le Nigeria, le Kenya et le Mozambique ont récemment déclaré que leurs citoyens avaient été victimes de menaces et de violences en Afrique du Sud en raison de leur statut d’étranger. Le Ghana a rapatrié environ 300 de ses ressortissants d’Afrique du Sud le mois dernier et a indiqué que d’autres se verraient offrir la possibilité de rentrer chez eux en raison de ce qu’il a qualifié de menaces à leur encontre.

Le gouvernement du Mozambique a rapporté cette semaine que cinq de ses ressortissants avaient été tués lors de ce qu’il a qualifié d’attaques xénophobes dans la ville de Mossel Bay, sur la côte sud de l’Afrique du Sud.

Le gouvernement de coalition sud-africain a accordé une attention particulière à la question de l’immigration après sa formation en 2024 et affirme avoir expulsé plus de 100 000 personnes au cours des deux dernières années qui se trouvaient illégalement dans le pays.

M. Ramaphosa a dit dimanche qu’environ 450 000 personnes tentant d’entrer en Afrique du Sud sans papiers avaient été arrêtées à la frontière au cours de l’année écoulée.

M. Ramaphosa a reconnu qu’il y avait eu des «faiblesses» dans la manière dont l’Afrique du Sud gérait auparavant les migrations et que le gouvernement allait désormais prendre des mesures «décisives». Il a également appelé la population à «ne pas se retourner les uns contre les autres» à ce sujet.