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Le président serbe Vucic démissionne pour se présenter au poste de pemier ministre

Le deuxième mandat présidentiel de M. Vucic devait normalement prendre fin en mai de l’année prochaine.

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Le président démissionnaire serbe, Aleksandar Vucic, brandit un drapeau de son pays lors d'un rassemblement de son parti à Belgrade, le 27 juin 2026. AP/Darko Vojinovic, archives Le président démissionnaire serbe, Aleksandar Vucic, brandit un drapeau de son pays lors d'un rassemblement de son parti à Belgrade, le 27 juin 2026. AP (Darko Vojinovic)

Le président populiste serbe Aleksandar Vucic a démissionné dimanche afin de se présenter au poste de premier ministre à l’occasion des prochaines élections législatives anticipées, qui mettront à l’épreuve son pouvoir sans partage dans ce pays des Balkans après près de deux ans de manifestations.

Le deuxième mandat présidentiel de M. Vucic devait normalement prendre fin en mai de l’année prochaine. La Constitution serbe lui interdisant de briguer un troisième mandat, il a déclaré qu’il démissionnait afin de mener son Parti progressiste serbe (droite) lors du scrutin du 25 octobre.

Les populistes au pouvoir sont confrontés à un défi de taille lors de ce scrutin face à un mouvement soutenu par une jeunesse frondeuse qui a mené les manifestations organisées à la suite de l’effondrement, le 1er novembre 2024, de l’auvent d’une gare qui a fait 16 morts dans la ville de Novi Sad, au nord du pays.

Les étudiants universitaires ont exigé que des responsabilités soient établies pour cette tragédie. Leur lutte pour la justice et contre la corruption s’est transformée en un mouvement puissant qui tentera de renverser le gouvernement après 14 ans au pouvoir. M. Vucic lui-même a occupé les fonctions de premier ministre ou de président au cours des 12 dernières années.

Le scrutin d’octobre se tiendra dans un contexte de fortes tensions politiques, alors que les populistes de M. Vucic cherchent à se maintenir au pouvoir malgré un mécontentement populaire généralisé. Sa décision de se présenter au poste de premier ministre est perçue à la fois comme une tentative de conserver une position dominante et comme un moyen de renforcer les chances de son parti face au mouvement étudiant.

Ces dernières semaines, M. Vucic a sillonné le pays sans relâche, sous le feu des projecteurs des médias progouvernementaux. Il a inauguré de nouvelles routes, proposé des aides financières et des médicaments à prix réduit, et rendu visite à des électeurs chez eux. Plus récemment, il a été filmé au volant de la voiture de son frère pour se rendre à certains de ces événements.

En Serbie, le premier ministre est officiellement plus puissant que le président. Mais M. Vucic a tout de même joué un rôle prépondérant au cours de ses deux mandats de cinq ans, présidant parfois les séances du gouvernement et annonçant systématiquement toutes les décisions et tous les projets importants.

Le Bureau indépendant de recherche sociale (BIRODI) a déposé une plainte alléguant que M. Vucic a abusé de sa fonction de président pour promouvoir son parti, ce qu’il a nié. Les autorités anticorruption, placées sous le contrôle du gouvernement, n’ont pas réagi.

Élection présidentielle reportée

Après la démission de M. Vucic, la présidence par intérim sera assurée par une proche alliée et ancienne première ministre, Ana Brnabic, qui est l’actuelle présidente sortante du Parlement serbe, composé de 250 membres. Une fois le nouveau Parlement élu lors du scrutin du 25 octobre, le nouveau président du Parlement succédera à Ana Brnabic, nommera le premier ministre et fixera la date de l’élection présidentielle.

M. Vucic et son parti ont été accusés de corruption endémique, de liens avec le crime organisé et de répression des libertés démocratiques, notamment à l’encontre des médias critiques. Le parti SNS a progressivement pris le contrôle de toutes les institutions de l’État depuis son arrivée au pouvoir en 2012, tout en niant tout abus de pouvoir et en s’engageant à plusieurs reprises à lutter contre la corruption.

La liste électorale soutenue par les étudiants comprend des experts peu connus, des professeurs d’université, des enseignants, des sportifs et d’autres personnalités issues de tous les horizons. Des groupes d’étudiants ont sillonné le pays à vélo dans le cadre de leur campagne, appelant au respect de l’État de droit et à la fin de la corruption.

Selon les experts, le groupe d’étudiants et M. Vucic sont au coude à coude dans les sondages, ce qui laisse présager une course serrée et une ambiance de référendum.