Ce qui sera probablement la dernière tentative de réélection du président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a été confirmée dimanche par le Parti des travailleurs, alors que le dirigeant âgé de 80 ans fait face à une pression croissante de la part de dirigeants étrangers à l’approche du scrutin d’octobre. Ce sera sa septième candidature à la présidence.
Son principal rival, Flávio Bolsonaro, bénéficie du soutien de membres de l’administration du président américain Donald Trump, du président argentin Javier Milei et du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.
Le président brésilien a déclaré dans son discours, prononcé lors du congrès de son parti, qu’il souhaitait dynamiser l’industrie de la défense de son pays et protéger ses minerais rares, affirmant qu’«aucun Chinois, aucun Américain, aucun Français ne mettra la main» sur ces ressources sans respecter la souveraineté du pays sud-américain.
«Nous devrons faire preuve de beaucoup plus d’audace pour changer beaucoup de choses dans ce pays», a-t-il affirmé.
D’autres membres de son parti ont souligné le risque d’ingérence étrangère dans les élections brésiliennes, citant notamment MM. Trump et Milei.
«Cette élection au Brésil déterminera l’avenir de l’Amérique latine», a déclaré Edinho Silva, président du Parti des travailleurs, lors du congrès de dimanche. L’Argentine, le Paraguay, le Chili, le Pérou, l’Équateur et la Colombie ont récemment élu des présidents inspirés par M. Trump.
Le père de Flávio Bolsonaro, l’ancien président Jair Bolsonaro, était un allié de M. Trump, mais il purge actuellement une peine de 27 ans d’assignation à résidence pour tentative de coup d’État.
M. Lula a réussi à éloigner les partis centristes de son adversaire de droite et se présente au congrès de son parti avec une cote de popularité plus élevée dans les sondages qu’il y a six mois.
Sa campagne met particulièrement en avant une réforme du système d’impôt sur le revenu, qui prévoit une réduction de la charge fiscale pour les personnes à faibles revenus, ainsi qu’un programme d’annulation de dettes qui a rapidement rencontré un vif succès.
Les responsables du Parti des travailleurs ont fait part de leurs inquiétudes face aux menaces, financées par des acteurs étrangers, de campagnes coordonnées de robots logiciels automatisés et de manipulation des réseaux sociaux, destinées à influencer les électeurs et à discréditer le système de vote électronique brésilien.
Mercredi, le président Lula a fait savoir qu’il ne souhaitait pas avoir M. Trump comme ennemi.
Le vice-président brésilien Geraldo Alckmin, qui se présentera à nouveau aux côtés de M. Lula, a affirmé dimanche que le système de vote électronique brésilien est «si performant qu’il ne vole pas les voix des Argentins et des Américains», en référence à MM. Milei et Trump.
L’administration Trump a également imposé de nouveaux droits de douane sur les exportations brésiliennes et classé deux groupes criminels locaux en groupes terroristes, ce qui, selon les analystes juridiques, pourrait nuire aux entreprises et ouvrir la voie à d’autres types d’intervention. Ces deux mesures ont été prises après la visite du sénateur Bolsonaro à la Maison-Blanche.
M. Milei s’est rendu à São Paulo le 25 juillet pour prendre la parole lors du congrès du Parti progressiste de M. Bolsonaro et a déclenché une crise diplomatique en insultant M. Lula ainsi que le juge de la Cour suprême qui avait présidé le procès et la condamnation de M. Bolsonaro père pour tentative de coup d’État.
M. Nétanyahou a enregistré une vidéo en soutien à l’adversaire du président.
M. Lula entend défendre la souveraineté du Brésil. Il a récemment eu un long entretien téléphonique avec le président chinois Xi Jinping. La Chine est l’un des principaux partenaires commerciaux du Brésil.
Les partisans de M. Lula croient qu’il pourrait amener le bloc commercial sud-américain du Mercosur à conclure des accords avec des partenaires du monde entier.
À l’instar de son père, le sénateur Bolsonaro a récemment tenté de semer des doutes infondés sur le système électoral brésilien. Ses déclarations ont suscité des inquiétudes au sein du ministère brésilien des Affaires étrangères, qui a refusé en juillet d’accorder des visas à deux responsables du département d’État américain, apparemment par crainte qu’ils cherchent à faire de même.
Le département d’État américain a cependant démenti cette affirmation.
