Le président israélien, Isaac Hezog, a gracié samedi le secouriste qui avait tiré à bout portant sur un agresseur palestinien grièvement blessé, lequel avait poignardé un soldat en Cisjordanie occupée, une affaire qui avait divisé le pays, il y a dix ans.
La condamnation d’Elor Azaria en 2017 pour homicide involontaire et sa libération après avoir purgé les deux tiers de sa peine de 18 mois ont suscité un immense intérêt en Israël, où le service militaire est obligatoire pour la plupart des hommes juifs. Lors de sa première interview après sa libération, Azaria avait déclaré qu’il agirait exactement de la même manière. «C’est ainsi que je devais agir», avait-il lancé.
Azaria s’était approché d’Abdel Fattah al-Sharif alors que celui-ci gisait au sol, désarmé et gravement blessé, après avoir poignardé un soldat dans la ville d’Hébron. Une vidéo tournée avec un téléphone portable a filmé Azaria en train de tirer sur al-Sharif, qui a été touché à la tête.
Le cabinet du président Herzog a indiqué dans un communiqué qu’il avait agi sur la recommandation du ministre de la Défense, Israel Katz. Le communiqué a cité le temps écoulé et l’esprit du Yom Kippour, ou Jour du Grand Pardon, qui approche, parmi les facteurs ayant motivé cette décision.
Le cabinet a également indiqué qu’Azaria, qui avait 20 ans au moment de sa condamnation, avait «exprimé ses regrets» dans sa demande. Le communiqué a souligné que, dans une demande antérieure, il avait qualifié son coup de feu d’«erreur opérationnelle».
Dans un communiqué séparé, M. Katz a dit qu’il s’agissait d’une décision «juste, humaine et appropriée. Il a ajouté que l’infirmier avait participé à une «mission opérationnelle complexe». Cependant, le chef d’état-major de l’armée, le général de corps d’armée Eyal Zamir, avait indiqué dans une lettre adressée au ministre de la Défense que la grâce ne devait pas être accordée, ont rapporté les médias israéliens.
Cette condamnation constituait un cas rare où un tribunal militaire avait statué contre un soldat pour un acte meurtrier commis sur le terrain. De hauts généraux avaient fait pression pour qu’il soit poursuivi, tandis qu’une grande partie de l’opinion publique israélienne soutenait Azaria à une époque où une série d’agressions à l’arme blanche et d’attaques à la voiture-bélier avaient été perpétrées par des Palestiniens ou des Arabes israéliens. Certains partisans avaient manifesté devant le tribunal.
Samedi, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, partisan de la ligne dure, a déclaré dans un communiqué que l’effacement du casier judiciaire d’une personne ayant tué un «terroriste» le touchait profondément et me rendait très heureux.
Certains Palestiniens et organisations de défense des droits de l’homme avaient qualifié la peine d’Azaria de bien trop clémente. Le parquet avait requis une peine de trois à cinq ans.
Le communiqué publié samedi par le cabinet de M. Herzog précise que sa décision «ne constitue pas une réévaluation de l’affaire».
