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Le président colombien contraint de masquer des vidéos officielles jonchées de cadavres

Sur plusieurs vidéos publiées sur le compte officiel de la présidence sur Instagram les 2 et 4 septembre, on le voit marcher au milieu de corps dans des sacs en plastique blancs.

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Le président colombien Abelardo de la Espriella, à droite, et le maire de Bogotá, Luis Carlos Galán, à gauche, visitent le chantier de la première ligne de métro de Bogotá, en Colombie, le 2 septembre 2026. Le président colombien Abelardo de la Espriella, à droite, et le maire de Bogotá, Luis Carlos Galán, à gauche, visitent le chantier de la première ligne de métro de Bogotá, en Colombie, le 2 septembre 2026. (Fernando Vergara/AP Photo/Fernando Vergara)

La justice colombienne a ordonné au nouveau président colombien de masquer sur les réseaux sociaux de la présidence des vidéos le montrant marchant parmi des cadavres de supposés criminels abattus par les forces de l’ordre, selon un document judiciaire consulté par l’AFP mercredi.

Face à la recrudescence de la violence dans le pays, notamment autour du trafic de drogues, Abelardo De la Espriella, en fonction depuis le 7 août, a opté pour une lutte frontale et fait bombarder les camps des guérilleros.

Il a même donné la semaine dernière un point presse à Riohacha sur la mort d’un certain Bendito Menor accusé de faire régner la terreur dans le nord, en présence de quatre corps étendus au sol.

Et sur plusieurs vidéos publiées sur le compte officiel de la présidence sur Instagram les 2 et 4 septembre, on le voit marcher au milieu de corps dans des sacs en plastique blancs après avoir communiqué le résultat des opérations.

Saisi par un parlementaire d’opposition, membre du parti vert qui demandait le retrait de ces vidéos, un tribunal de Bogota a ordonné «la dissimulation des publications effectuées depuis l’utilisateur @infopresidencia dans l’attente d’une décision définitive», selon le document judiciaire.

La décision est prise à titre provisoire en attendant un jugement au fond et «sans que cela implique leur suppression définitive».

Le dirigeant de droite dure a promis une lutte sans merci contre les groupes criminels, qui se financent par le trafic de drogues, l’extorsion et l’activité minière illégale. Depuis son entrée en fonction, l’armée colombienne a effectué trois bombardements, faisant au moins 42 morts, dont six mineurs, dans l’Amazonie et à la frontière avec le Venezuela.

M. De la Espriella bénéficie du soutien du gouvernement américain de Donald Trump dans cette guerre contre les mafias dans son pays, qui produit le plus de cocaïne au monde et théâtre durant l’année écoulée d’une série d’attentats, d’assassinats et d’enlèvements.

Le dirigeant d’extrême droite a aussi ouvert fin août la voie à une reprise des épandages aériens avec du glyphosate pour éradiquer les cultures de coca. L’usage de cet herbicide potentiellement cancérigène et accusé d’avoir provoqué des malformations parmi des habitants de zones reculées avait été suspendu en 2015.

Un autre document publié mercredi au journal officiel affirme que le gouvernement mènera une «phase expérimentale» avec un autre herbicide dangereux, le glufosinate-ammonium, interdit dans l’Union européenne. Le texte ne précise ni la date de début ni le lieu des essais, qui seront placés sous la responsabilité de la police.