Le ministère américain de la Défense va fermer les bureaux des médias au Pentagone après qu’un juge fédéral a donné raison au New York Times dans un procès contestant les restrictions d’accès des journalistes au bâtiment, a annoncé lundi un responsable du ministère.
Une zone du Pentagone connue sous le nom de «Couloir des correspondants», que les journalistes utilisent depuis des décennies pour couvrir l’actualité militaire américaine, fermera immédiatement, a annoncé le porte-parole du ministère, Sean Parnell. Les journalistes pourront à terme travailler depuis une «annexe» située à l’extérieur du bâtiment, qui, selon lui, «sera disponible dès qu’elle sera prête». Il n’a donné aucune précision sur le temps que cela prendra.
Cette nouvelle politique est le dernier épisode en date du conflit concernant l’accès de la presse à l’administration du président Donald Trump, qui a restreint l’accès aux médias traditionnels tout en favorisant les médias conservateurs et pro-Trump.
Le New York Times a poursuivi le Pentagone et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth en décembre, affirmant que la nouvelle politique d’accréditation de l’agence violait les droits constitutionnels des journalistes à la liberté d’expression et à une procédure régulière. Des dizaines de journalistes avaient quitté le bâtiment plutôt que d’accepter les restrictions imposées par le gouvernement à leur travail.
Le juge fédéral de district Paul Friedman, à Washington, D.C., s’est rangé la semaine dernière du côté du journal. Il a ordonné au Pentagone de rétablir les accréditations de presse de sept journalistes du Times et a annulé certaines des restrictions imposées par l’agence en matière de couverture médiatique.
Le juge Friedman a conclu que des «preuves incontestables» montraient que cette politique visait à écarter les «journalistes indésirables» et à les remplacer par ceux qui sont «acquis à la cause et prêts à servir» le gouvernement, ce qui constitue un cas flagrant de discrimination illégale fondée sur les opinions.
M. Parnell a déclaré que le ministère de la Défense n’était pas d’accord avec cette décision et qu’il allait faire appel. Il a expliqué que des préoccupations en matière de sécurité avaient motivé les restrictions d’accès à la presse, une affirmation que les journalistes ont rejetée.
En vertu des dernières règles du Pentagone annoncées lundi, les journalistes auront toujours accès au Pentagone pour les conférences de presse et les entrevues organisées par l’équipe des relations publiques du département, mais ils devront être accompagnés, a écrit M. Parnell sur les réseaux sociaux.
Le corps de presse actuel du Pentagone est principalement composé de médias conservateurs qui ont accepté cette politique. Les reporters des médias qui ont refusé de se conformer aux nouvelles règles, notamment ceux de l’Associated Press, ont continué à couvrir l’actualité militaire.
L’AP, quant à elle, attend la décision d’un panel de trois juges de la Cour d’appel fédérale américaine concernant son autre procès contre l’administration du président Donald Trump. L’AP soutient que l’équipe de la Maison-Blanche de Donald Trump l’a sanctionnée en réduisant son accès aux événements présidentiels parce que l’agence n’a pas suivi son exemple en renommant le golfe du Mexique.
