Le Parti communiste chinois (PCC) a adopté de nouvelles mesures pour renforcer la discipline interne lors d’une importante réunion achevée jeudi, des analystes y voyant une démarche susceptible de faciliter l’obtention d’un nouveau mandat par Xi Jinping.
Réunie sous la présidence de M. Xi, 73 ans, la session plénière (plénum) du Comité central du PCC a adopté une décision visant à «approfondir la gouvernance intégrale et rigoureuse du Parti», notamment en intensifiant la lutte anticorruption, selon l’agence officielle Chine nouvelle.
Elle n’a pas précisé dans l’immédiat quelles mesures concrètes ont été adoptées lors de ce plénum, réuni dans un strict huis clos cette semaine dans un hôtel de la capitale chinoise.
Un peu moins de 300 responsables composent le Comité central du PCC. Ses plénums annuels constituent des moments clés pour Xi Jinping, président chinois et chef du Parti, afin de consolider son autorité.
«Le plénum semble avoir été utilisé pour préparer le terrain en vue de l’obtention par M. Xi d’un nouveau mandat lors du 21e Congrès du Parti l’an prochain», déclare à l’AFP Steve Tsang, directeur de l’institut SOAS China à l’Université de Londres.
L’accentuation de sa mainmise, «notamment sur les questions de personnel, constitue une étape préparatoire essentielle pour (…) s’assurer que la prolongation de son mandat se déroule sans accroc», souligne-t-il.
«Manque de rigueur»
Aucun successeur potentiel de Xi Jinping ne semble par ailleurs avoir émergé de ce plénum.
Le président chinois continue de privilégier «le renforcement de son contrôle», affirme à l’AFP Chong Ja Ian, professeur à l’Université nationale de Singapour.
«À court et moyen terme, cela laisse probablement peu de place au renouvellement du Parti et au changement de direction», note-t-il.
En dépit de spéculations, M. Xi n’a toutefois pas été qualifié dans le compte-rendu publié jeudi de «dirigeant du peuple». Cette appellation aurait signalé un nouveau rehaussement de son statut.

Xi Jinping mène depuis près de 14 ans une vaste campagne contre la corruption, un fléau enraciné dans les cercles politiques et économiques. Des milliers de hauts responsables en ont fait les frais, dont plusieurs dizaines de membres du Comité central.
Les dirigeants chinois estiment toutefois que certains cadres n’appliquent pas correctement les orientations définies par le Parti.
Le plénum a salué «le grand courage politique» du Comité central pour s’attaquer au «manque de rigueur, de réalisme et d’efficacité» dans la gouvernance du Parti.
«En retournant la lame contre lui-même et en recourant à des sanctions sévères pour rétablir l’ordre», le PCC «a mis un terme à certaines pratiques déviantes auxquelles il n’avait pas été possible de mettre fin pendant longtemps» et «éliminé de graves risques latents au sein du Parti, de l’État et de l’armée», a indiqué Chine nouvelle.
Un général promu
Autre annonce de ce jeudi : le général Zhang Shengmin, vice-président de la Commission militaire centrale (CMC), l’organe qui contrôle l’armée, a été promu au Bureau politique — l’instance décisionnelle du Parti, composée d’une vingtaine de membres.
Architecte de la lutte anticorruption dans l’armée jusqu’en juillet 2026, M. Zhang a vu cette campagne réduire à deux les effectifs de la CMC, pourtant censée compter jusqu’à sept membres : Xi Jinping et lui-même.
Le sommet de l’armée chinoise a été particulièrement touché ces dernières années par la campagne anticorruption.
En août, les autorités ont démis de ses fonctions Zhang Youxia, ex-plus puissant général du pays, à l’issue d’une enquête pour corruption qui a duré plusieurs mois.
Le plénum s’est tenu à l’approche d’un congrès majeur du PCC, prévu l’an prochain. Xi Jinping devrait sauf surprise y décrocher un quatrième mandat historique de secrétaire général du Parti.
