Le Parlement israélien a été dissous, tôt vendredi, après avoir adopté une série de projets de loi dans les derniers instants de la coalition au pouvoir du premier ministre Benyamin Nétanyahou.
La Knesset, qui devait entamer vendredi ses vacances d’été, ne se réunira plus avant les élections prévues le 27 octobre.
Cette dissolution attendue intervient alors que M. Nétanyahou peine à se maintenir au pouvoir à l’approche des prochaines élections, près de trois ans après les attaques du 7 octobre qui ont déclenché la guerre. Les sondages israéliens montrent une vague de soutien en faveur des partis d’opposition, menés par l’ancien premier ministre Naftali Bennett et un ancien chef d’état-major très populaire, issu du centre.
Au cours de la semaine dernière, la Knesset a adopté plusieurs lois controversées lors de séances marathons, alors que M. Nétanyahou tentait de faire adopter à toute vitesse plusieurs de ses projets phares.
En début de semaine, la Knesset a adopté deux projets de loi qui mettent un terme à l’enrôlement des hommes ultraorthodoxes dans l’armée, dans le but de s’assurer que les partis ultraorthodoxes rejoignent la coalition de M. Nétanyahou au sein du prochain gouvernement.
La Knesset a également adopté récemment plusieurs projets de loi liés aux tentatives de M. Nétanyahou de réformer le système judiciaire, notamment en renforçant le contrôle du gouvernement sur les médias audiovisuels et en affaiblissant le rôle du procureur général. La procureure générale Gali Baharav-Miara s’est opposée à cette réforme et a été la cible fréquente des attaques de M. Nétanyahou et de la droite israélienne.
Un événement rare dans l’histoire d’Israël
«Nous arrivons au terme d’un mandat de quatre ans, nous avons adopté neuf budgets et des centaines de projets de loi. Je vous remercie de la confiance que vous m’avez accordée, grâce à laquelle nous avons réussi ensemble à mener à bien ce mandat de quatre ans», a déclaré le président de la Knesset, Amir Ohana, en annonçant la dissolution.
La dernière fois que le gouvernement israélien a mené à bien un mandat complet sans interruption due à des élections anticipées, c’était en 1988. Israël n’impose aucune limite au nombre de mandats, et M. Nétanyahou a exercé plus de mandats que tout autre premier ministre de l’histoire d’Israël, mais il est rare, même pour lui, d’effectuer un mandat de quatre ans.
Entre 2019 et 2022, les Israéliens se sont rendus aux urnes à cinq reprises. Israël organise des élections en moyenne tous les 2,4 ans, ce qui le place au deuxième rang des pays de l’OCDE ayant les intervalles les plus courts entre deux élections, un indicateur d’instabilité politique, selon l’Institut israélien pour la démocratie.
