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La Grèce adopte une loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans

La loi prévoit des mécanismes de vérification de l’âge, des sanctions sévères à l’encontre des plateformes en cas de non-respect, et la proposition européenne de règlement.

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À Sydney, le 8 novembre 2024, des jeunes consultent les réseaux sociaux sur leur téléphone. Photo AP À Sydney, le 8 novembre 2024, des jeunes consultent les réseaux sociaux sur leur téléphone. Photo AP (Rick Rycroft)

Le Parlement grec a adopté dans la nuit de jeudi à vendredi une loi interdisant aux moins de 15 ans l’accès aux réseaux sociaux à partir du 1er janvier 2027, une mesure mise en place dans plusieurs pays à travers le monde.

À l’issue d’un vif débat, la loi a finalement été adoptée en première lecture par la seule majorité gouvernementale de droite, issue du parti Nouvelle-Démocratie du premier ministre Kyriakos Mitsotakis, selon l’agence de presse grecque ANA.

Les députés du principal parti de l’opposition socialiste, Pasok, ont voté «présent» critiquant certaines dispositions du texte tandis les autres partis de gauche et nationalistes ont voté contre, selon l’Agence de presse grecque, Ana.

Intitulée Interdiction de l’usage des services des réseaux sociaux par les mineurs, la loi «est une solution efficace, nécessaire et compatible avec le droit européen» pour parer au problème de dépendance des mineurs aux réseau sociaux, a affirmé le ministre de la Gouvernance digitale et de Intelligence artificielle Dimitris Papastergiou.

La loi prévoit des mécanismes de vérification de l’âge, des sanctions sévères à l’encontre des plateformes en cas de non-respect, et la proposition européenne de règlement, le Kids Act.

La nouvelle application Kids Wallet, créée dans le cadre de la loi, «n’est pas une invention grecque : elle respecte un code et des spécifications techniques définis par l’Europe l’été dernier», a insisté le ministre.

Il a souligné que «cette application ne transmet aucune donnée personnelle concernant les enfants ou les utilisateurs, hormis l’indication qu’ils ont plus ou moins de 15 ans. Elle ne fournit même pas leur date de naissance».

«Il serait très facile de ne rien faire et d’attendre une loi européenne parfaite», mais il faut «envoyer le message que l’usage incontrôlé d’internet, qui conduit les enfants à une dépendance au détriment de leur santé mentale, ne peut plus continuer», a-t-il souligné.

Interdiction des réseaux sociaux pour les jeunes de moins de 16 ans: entrevue avec la Dre Mélissa Généreux La nouvelle loi sur la sécurité en ligne du gouvernement libéral obligerait les plateformes de réseaux sociaux à bloquer l’accès aux enfants de moins de 16 ans. Pour la Dre Mélissa Généreux, une telle loi ne serait pas exagérée.

Pour sa part, le Pasok avait présenté une solution alternative, prévoyant une interdiction stricte pour les moins de 13 ans et un contrôle parental pour les jeunes de 13 à 14 ans, afin de garantir une «proportionnalité des restrictions».

De son côté, la gauche radicale Syriza a critiqué «l’interdiction horizontale» de la loi. «La protection des enfants ne peut pas être synonyme de leur exclusion», a dit la députée de cette formation Elena Akrita.

Le premier ministre conservateur grec, Kyriakos Mitsotakis, avait déjà annoncé en avril sur TikTok, un réseau social plébiscité des jeunes utilisateurs, son intention d’adopter cette mesure «difficile, mais nécessaire».

À l’instar de l’Australie, qui a interdit depuis fin 2025 les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, plus d’une vingtaine de pays dans le monde ont adopté des mesures similaires visant surtout les moins de 15 ou 16 ans, selon un récent décompte de l’AFP.

La Grèce est l’un des premiers pays de l’Union européenne à légiférer pour interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. L’Autriche, la Slovénie, le Danemark et l’Espagne se sont engagés dans une voie similaire afin de protéger les adolescents des algorithmes addictifs des réseaux sociaux.

La France avait adopté en juillet une loi similaire pour les mineurs de moins de 15 ans, mais le Conseil constitutionnel a censuré un mois plus tard cette mesure comme portant «une atteinte disproportionnée» à leur liberté d’expression.