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Le pape Léon XI demande pardon pour le rôle joué par l’Eglise dans l’esclavage

Il s’agit «d’une blessure dans la mémoire chrétienne de laquelle nous ne pouvons nous considérer étrangers».

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Le pape Léon XIV préside les funérailles du défunt cardinal Emil Paul Tscherrig dans la basilique Saint-Pierre au Vatican, le vendredi 15 mai 2026. Photo AP Le pape Léon XIV préside les funérailles du défunt cardinal Emil Paul Tscherrig dans la basilique Saint-Pierre au Vatican, le vendredi 15 mai 2026. Photo AP (Gregorio Borgia)

Le pape Léon XIV a demandé «sincèrement pardon» pour le retard avec lequel l’Église a «condamné le fléau de l’esclavage» au cours de l’Histoire, reconnaissant pour la première fois le rôle direct du Saint-Siège dans sa légitimation, dans sa première encyclique publiée lundi.

Si certains de ses prédécesseurs avaient reconnu la participation de chrétiens dans l’esclavage, c’est la première fois qu’un pape présente des excuses publiques pour le rôle direct joué par l’Église en tant qu’institution.

Au cours de l’Histoire, «le Siège apostolique romain, sollicité par les demandes des souverains, est intervenu à plusieurs reprises pour réglementer et légitimer les modalités de soumission et, dans certains cas, de réduction en esclavage des “infidèles”», écrit le pape américain dans Magnifica Humanitas (Humanité magnifique).

«Nous ne pouvons nier ni minimiser le retard avec lequel l’Église et la société ont condamné le fléau de l’esclavage», ajoute-t-il.

Dans ce premier écrit majeur, consacré notamment aux défis éthiques posés par l’intelligence artificielle, il dénonce «de nouvelles formes d’esclavage» à l’œuvre derrière l’économie numérique.

L’Église a «longtemps toléré l’esclavage et n’en est venue qu’ensuite à le condamner de manière absolue» : il s’agit «d’une blessure dans la mémoire chrétienne de laquelle nous ne pouvons nous considérer étrangers», ajoute Léon XIV.

«C’est pourquoi, au nom de l’Église, je demande sincèrement pardon», poursuit-il.

«Il est inévitable d’éprouver une profonde douleur en considérant l’énorme souffrance et l’humiliation que l’esclavage a signifiées pour tant de personnes, infiniment aimées par le Seigneur, en contraste avec leur dignité sans limites», relève le souverain pontife.

Les papes précédents ont déjà reconnu la participation de chrétiens à des actes d’esclavage, notamment Jean‑Paul II, qui avait dénoncé cette «tragédie» lors de sa visite à Gorée, au Sénégal, en 1992.

Le pape Léon XIV souligne également que l’Église a possédé des esclaves jusqu’au Moyen Âge et qu’elle a également conseillé des souverains sur la manière de légitimer l’asservissement des «infidèles».

«Il faut attendre le XIXe siècle pour trouver une condamnation formelle, absolue et universelle de l’esclavage, notamment avec Léon XIII», rappelle encore le pape américain.