Les forces de sécurité pakistanaises ont mené dimanche une opération terrestre fondée sur des renseignements le long de la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan, suivie de «frappes ciblées» contre des repaires et des sanctuaires de militants, tuant 29 combattants, ont indiqué les autorités.
Dans un message publié sur X, le ministre de l’Information, Attaullah Tarar, a déclaré que cette opération avait été lancée en réponse à de multiples attaques menées par des militants à travers le pays. Aucune réaction n'a été immédiatement enregistrée du côté afghan.
Le Pakistan a connu ces dernières années une recrudescence des attaques militantes visant la police et les forces de sécurité. Les autorités ont imputé la responsabilité de la plupart de ces violences aux talibans pakistanais, connus sous le nom de Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), ainsi qu’aux groupes militants alliés.
Cette frappe survient au lendemain d’une attaque menée par des militants armés de fusils et d’explosifs contre le quartier général régional des Rangers, une unité paramilitaire, dans la ville portuaire de Karachi, dans le sud du pays, qui a coûté la vie à trois soldats.
Les forces de sécurité ont tué trois assaillants et en ont arrêté un autre, que l’armée a identifié comme étant un ressortissant afghan blessé.
Jamaat-ul-Ahrar, une faction dissidente des talibans pakistanais, a revendiqué l’attaque de Karachi dans un communiqué publié samedi soir.
M. Tarar a souligné que la dernière opération menée par le Pakistan le long de la frontière afghane visait les repaires et les refuges de Jamaat-ul-Ahrar et de Fitna al-Khwarij, terme utilisé par le Pakistan pour désigner les talibans pakistanais.
Le TTP est un groupe militant distinct des talibans afghans, bien que les deux soient alliés. Les talibans afghans ont repris le pouvoir en Afghanistan voisin en 2021.
Ces dernières opérations risquent d'aggraver encore les relations déjà tendues entre Islamabad et Kaboul.
Les frappes transfrontalières et l’opération terrestre de dimanche sont survenues moins de trois semaines après que l’armée pakistanaise a lancé des frappes aériennes contre ce qu’elle a qualifié de repaires de militants en Afghanistan. Elles ont mis fin à environ un mois de calme relatif qui avait suivi ce qu’Islamabad avait qualifié de «guerre ouverte» entre les deux pays voisins, malgré les efforts internationaux visant à négocier une paix durable.
Cette escalade fait suite à des mois d’actions militaires de représailles entre les deux pays. Des centaines de personnes ont été tuées dans les combats transfrontaliers depuis février, date à laquelle l’Afghanistan a lancé des frappes de représailles après que le Pakistan eut mené des frappes aériennes sur le territoire afghan.
Plusieurs cycles de pourparlers de paix menés sous l’égide de la communauté internationale n’ont pas permis d’obtenir un cessez-le-feu durable. La Chine a également accueilli les deux parties en avril et Pékin a affirmé par la suite que le Pakistan et l’Afghanistan avaient convenu de ne pas aggraver leur conflit et de rechercher une solution.
Depuis l’année dernière, le Pakistan a mené de multiples frappes le long de la frontière et à l’intérieur de l’Afghanistan, visant des repaires présumés du TTP et d’autres militants.
Le Pakistan accuse le gouvernement afghan des talibans d’héberger des militants qui mènent des attaques meurtrières au Pakistan, en particulier le TTP. Kaboul nie ces accusations.
Munir Ahmed, The Associated Press
