International

Le ministère de la Justice ciblé dans le dossier du bassin réfléchissant

Voici pourquoi.

Publié le 

Encore des travaux pour réparer le bassin réfléchissant à Washington La cure de jouvence du bassin réfléchissant du mémorial de Lincoln, un des lieux iconiques de Washington, qui avait été annoncée par Donald Trump et accélérée en vue du 250e anniversaire des États-Unis ne s’est pas tout à fait déroulée comme prévu.

Le ministère de la Justice savait, ou aurait dû savoir depuis des semaines, que l’accusation portée contre un ancien athlète olympique, accusé d’avoir intentionnellement endommagé le bassin réfléchissant du Lincoln Memorial, reposait sur des bases erronées, et que celui-ci n’était en rien responsable des problèmes de longue date affectant ce monument emblématique, ont déclaré mardi les avocats de la défense.

La procureure fédérale Jeanine Pirro a demandé vendredi le rejet de l’acte d’accusation contre David Hearn, affirmant dans un mémoire de 20 pages que de nouvelles preuves fournies par le ministère de l’Intérieur montraient que l’ancien canoéiste olympique n’était pas responsable des dégâts causés au revêtement du bassin.

Le bureau de Mme Pirro a plutôt attribué ces dommages à une installation bâclée par un entrepreneur ainsi qu’à «la précipitation pour achever le projet avant les événements liés à America250» au cours des puis semaines précédant le 4 juillet, conformément aux instructions du président Donald Trump.

Les avocats de M. Hearn ont exhorté le juge à classer définitivement l’affaire et à exclure toute possibilité que l’administration Trump puisse la relancer. Ils ont contesté l’affirmation de Mme Pirro selon laquelle les procureurs n’auraient pris connaissance que récemment des défauts des travaux réalisés par le sous-traitant.

«Dès le départ, les preuves montraient que le revêtement de la piscine était déjà défectueux et que M. Hearn n’était pas à l’origine des dégâts allégués dans l’acte d’accusation», a fait valoir l’équipe juridique de M. Hearn dans une requête de 28 pages déposée mardi devant la Cour supérieure de Washington.

Le mauvais état de la piscine était «clairement visible» depuis des semaines et avait été documenté publiquement par des photographies, des vidéos et des reportages, ont écrit les avocats Mary Dohrmann, Steve Levin et Norman Eisen.

L’entrepreneur, la société Atlantic Industrial Coatings, basée en Virginie, «a publiquement reconnu, avant que M. Hearn ne soit mis en examen, que certaines parties du projet nécessitaient des réparations», ont déclaré les avocats. L’entreprise s’était vu attribuer un contrat de 14,7 millions $US sans appel d’offres pour repeindre et imperméabiliser le sol en béton de la piscine.

Donald Trump a dit lundi que Mme Pirro s’était «étouffée» et s’était «repliée comme un parapluie» en décidant d’abandonner les poursuites contre M. Hearn. Donald Trump, qui a rencontré Mme Pirro tard lundi soir, s’est dit toujours déçu par son évaluation selon laquelle les dégâts subis par le bassin réfléchissant résultaient d’une construction de mauvaise qualité, et non d’actes de vandalisme.

Le rejet des poursuites contre M. Hearn a constitué un revers embarrassant pour le ministère de la Justice et a marqué un moment rare au cours du second mandat de Donald Trump, où un collaborateur ou un responsable politique nommé par lui lui a ouvertement tenu tête.

M. Hearn a expliqué qu’il faisait une balade à vélo le 19 juin lorsqu’il s’est penché pour examiner le revêtement récemment décollé du bassin et a brièvement touché un morceau accroché au bord de celui-ci. Mais il a affirmé avoir obéi à un employé du parc qui lui avait demandé de le lâcher.

Des accusations criminelles, pouvant aller jusqu’à une peine de prison, ont été portées «sans enquête sérieuse sur la question centrale et évidente de cette affaire : celle de savoir si M. Hearn a causé, ou même aurait pu causer, des dommages au bassin réfléchissant, ont dit les avocats de M. Hearn. Au mépris de la décence et du bon sens, le gouvernement a décidé d’inculper M. Hearn avant même d’avoir obtenu ou évalué les informations nécessaires pour établir une base de bonne foi justifiant cette accusation.»