Le service de renseignement intérieur britannique, le MI5, a appelé mercredi les établissements universitaires à cesser de collaborer avec un institut de recherche chinois, qu’il accuse de liens avec les services de renseignement de Pékin.
Dans un message «d’alerte espionnage» mis en ligne mercredi, le MI5 assure avoir «établi que le China General Technology Research Institute (CGTRI)(…) entretient des liens étroits avec le ministère chinois de la Sécurité d’État, le service de renseignement civil et de sécurité chinois».
Il ajoute que la «mission première» du CGTRI est de «financer des recherches universitaires visant directement à renforcer les capacités techniques d’espionnage» du ministère de la Sécurité d’État chinois, et qu’il représente «une menace pour la sécurité nationale britannique».
Selon le MI5, «plus de 100 chercheurs» liés à des établissements britanniques «ont contribué» à des programmes financés par cet institut.
En conséquence, «il est vivement conseillé aux établissements universitaires britanniques de réexaminer sans délai toute collaboration en cours ou envisagée avec le CGTRI», prévient-il.
Et il évoque les «possibles conséquences pénales» dans le cadre de la loi sur la sécurité nationale, si ses recommandations ne sont pas suivies.
L’ambassade de Chine à Londres a rejeté ces accusations, les décrivant comme «imaginaires et purement inventées» par le MI5. Son porte-parole a indiqué à l’AFP que des «protestations solennelles» avaient été adressées auprès des homologues britanniques.
Cette alerte intervient alors que Londres accuse régulièrement Pékin d’espionnage et d’ingérence politique. En novembre 2025, le MI5 avait alerté les parlementaires britanniques sur des tentatives d’espionnage de la Chine à leur encontre.
En juin dernier, l’alliance des services de renseignement des «Five Eyes», qui regroupe notamment le Royaume-Uni, les États-Unis et le Canada, avait accusé des espions chinois de cibler sur des sites d’offres d’emploi des fonctionnaires, militaires et les personnes ayant accès à des informations classifiées ou confidentielles.
Au Royaume-Uni, le gouvernement travailliste arrivé au pouvoir en 2024 s’est efforcé d’améliorer les relations bilatérales avec Pékin, après des années de crispations, mais affirme que la Chine reste une «menace» pour la sécurité nationale du pays.
