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Des dizaines de morts au Mexique après l’élimination d’un chef de cartel

Un total de 10 000 soldats ont été déployés.

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Près de 60 agents des forces de l’ordre et membres d’un cartel sont mortes dans des violences au Mexique, après le décès dimanche du chef d’un des plus gros cartels de drogue du pays dans une opération militaire, a annoncé le gouvernement lundi.

Au moins 25 membres de la garde nationale, ainsi qu’un agent de sécurité et un fonctionnaire du parquet, ont été assassinés dans des attaques menées par le Cartel de Jalisco Nueva Generacion (CJNG) dans la foulée de l’opération ayant conduit à la mort de Nemesio Oseguera, alias El Mencho, a indiqué le ministre mexicain de la Sécurité, Omar Garcia Harfuch.

Lors de ces événements survenus dans l’État de Jalisco (ouest), 30 membres du cartel ont été tués par les forces de l’ordre, a-t-il ajouté.

En réaction à l’opération militaire de dimanche, des membres présumés du cartel avaient déclenché une vague de violence dans 20 États du Mexique. Des individus armés ont bloqué plusieurs routes dans le Jalisco avec des voitures et des camions incendiés.

La présidente Claudia Sheinbaum a assuré lundi matin que les barrages routiers avaient été levés.

Mexico a annoncé le déploiement de 2500 soldats supplémentaires dans l’ouest du pays, une mesure qui se veut «dissuasive», selon le ministre de la Défense, Ricardo Trevilla. Au total, 10 000 soldats ont été déployés.

«Environ 7000 soldats étaient déjà stationnés dans l’État de Jalisco, donc la présence militaire va être renforcée» dans cette région où sévit le Cartel de Jalisco Nueva Generacion (CJNG), a-t-il précisé.

Les autorités espèrent éviter une aggravation des troubles à quatre mois du Mondial 2026 de football, co-organisé avec les États-Unis et le Canada et dont Guadalajara, capitale de l’État du Jalisco, sera l’une des villes-hôtes.

Guadalajara est la deuxième ville la plus importante du Mexique et sera le siège de quatre matchs de la Coupe du monde.

Sollicitée par l’AFP, une porte-parole de la FIFA a indiqué que l’instance ne souhaitait pas faire de commentaire à ce stade sur la situation au Mexique.

Des soldats de l'armée patrouillent devant le palais national avant la conférence de presse quotidienne matinale de la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum à Mexico, le lundi 23 février 2026. Des soldats de l'armée patrouillent devant le palais national avant la conférence de presse quotidienne matinale de la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum à Mexico, le lundi 23 février 2026. (Ginnette Riquelme/AP)

Commerces et écoles fermés

«Le plus important», c’est «de protéger la population», a déclaré Claudi Sheinbaum en conférence de presse lundi.

Le pays «est en paix, il est calme», a-t-elle affirmé.

Malgré ces déclarations, à Guadalajara, les commerces restaient fermés lundi matin en raison de la peur, a constaté l’AFP.

Les écoles ont suspendu les cours dans le Jalisco et dans une dizaine d’autres États par crainte de nouvelles violences.

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Les États-Unis ont appelé les ressortissants américains se trouvant dans plusieurs zones du Mexique, dont des villes et régions touristiques comme Cancún, Guadalajara et Oaxaca, à «se mettre à l’abri jusqu’à nouvel ordre».

Des compagnies aériennes américaines et canadiennes ont annulé des dizaines de vols vers plusieurs villes mexicaines.

Le Canada, le Royaume-Uni et l’Australie ont conseillé lundi à leurs ressortissants de renoncer aux «voyages non-essentiels» dans une dizaine d’États mexicains, dont Chihuahua, Sinaloa et Jalisco.

Le Quai d’Orsay a, lui, appelé les ressortissants français à «faire preuve de la plus grande prudence».

Un soldat monte la garde près d'un véhicule calciné qui a été incendié à Cointzio, au Mexique, le dimanche 22 février 2026, alors que l'armée mexicaine aurait tué Nemesio Oseguera, chef du cartel Jalisco New Generation, connu sous le nom de « El Mencho ». Un soldat monte la garde près d'un véhicule calciné qui a été incendié à Cointzio, au Mexique, le dimanche 22 février 2026, alors que l'armée mexicaine aurait tué Nemesio Oseguera, chef du cartel Jalisco New Generation, connu sous le nom de « El Mencho ». (AP Photo)

Renseignement américain

Tué à l’âge de 59 ans, Nemesio Oseguera, était considéré comme le dernier des grands parrains depuis l’arrestation des fondateurs du cartel de Sinaloa, Joaquin Guzman «El Chapo», et Ismael «Mayo» Zambada, incarcérés aux États-Unis.

À la tête du CJNG, il était l’un des barons de la drogue les plus recherchés par le Mexique et les États-Unis, qui offraient jusqu’à 15 millions de dollars pour sa capture.

Le CJNG a été qualifié en 2025 d’«organisation terroriste» par les États-Unis, qui l’accusent de trafic de cocaïne, d’héroïne, de méthamphétamine et de fentanyl.

Donald Trump a érigé en priorité la lutte contre le narcotrafic et a exhorté plusieurs fois Claudia Sheinbaum à laisser Washington envoyer des forces lutter contre les cartels qui opèrent au Mexique.

Qui était «El Mencho», le chef du gang qui a fait trembler le Mexique?Opens in new window ]

La dirigeante de gauche a confirmé lundi qu’il n’y avait pas eu «de participation des forces des États-Unis dans l’opération», mais «beaucoup d’échange d’informations».

Cependant, de l’avis de David Saucedo, analyste en sécurité, l’opération militaire a été «encouragée» et «sollicitée» par le gouvernement américain.

La mort du chef de l’une des organisations criminelles les plus puissantes au monde suscite des interrogations sur qui lui succédera.

M. Oseguera «était omniprésent» et «n’avait pas de successeurs évidents», si bien que des scissions pourraient se produire au sein du CJNG, estime Gerardo Rodriguez, expert en sécurité à l’Université des Amériques à Puebla, interrogé par l’AFP.

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