Le président libanais Joseph Aoun a affiché lundi sa détermination à assoir l’autorité de l’État en déployant son armée dans le sud, où le Hezbollah pro-iranien est implanté.
Le dirigeant, qui recevait à Beyrouth le responsable du commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom), l’amiral Brad Cooper, a réaffirmé «la détermination de l’État libanais à étendre son autorité, par le biais de ses forces armées», jusqu’à la frontière avec Israël, selon un communiqué de la présidence.
Le Liban a signé vendredi sous l’égide de Washington un accord-cadre avec Israël en vue d’une «paix durable».
Il prévoit que l’armée libanaise rétablisse son «autorité souveraine effective sur l’ensemble du territoire libanais, sous réserve du désarmement vérifié des groupes armés non étatiques».
Le processus doit être détaillé dans une annexe de sécurité, dont le contenu n’a pas encore été rendu public.
L’armée libanaise avait commencé à consolider ses positions dans le sud en 2024 dans le cadre d’un mécanisme international de supervision du cessez-le-feu, établi après une précédente guerre entre Israël et le Hezbollah. Mais la reprise des hostilités le 2 mars a interrompu cette action.
Le chef de l’armée libanaise Rodolphe Haykal a lui aussi reçu l’amiral Cooper lundi, et discuté de «l’importance de réussir le mécanisme de mise en œuvre de l’annexe sécuritaire de l’accord-cadre, et des moyens de renforcer la coopération», selon un communiqué de l’armée.
Les États-Unis sont considérés comme le principal soutien de l’armée libanaise.
Selon le Centcom, l’amiral Brad Cooper s’est aussi rendu en Israël, où il a rencontré les troupes américaines qui y sont déployées.
«Les États-Unis réaffirment (…) leur intention de renforcer les capacités» de l’armée libanaise, avait déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio lors de la cérémonie de signature de l’accord-cadre, promettant le versement de 30 millions de dollars.
Le Hezbollah pro-iranien a été prompt à fustiger l’accord, son chef Naïm Qassem le qualifiant d’«abandon de souveraineté». Le président du Parlement Nabih Berri, allié du groupe, a affirmé pour sa part que cet accord «ne serait pas appliqué».
Sous les auspices des États-Unis, le Liban et Israël avaient entamé mi-avril des discussions directes, les premières depuis des décennies entre les deux pays, toujours techniquement en état de guerre.
Le Liban a été entraîné dans le conflit le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le nord d’Israël en soutien à son parrain iranien, visé par l’offensive américano-israélienne. Israël a riposté en jurant d’«éliminer» le mouvement, et déployé ses troupes dans le sud.
Depuis le début de la guerre sur ce front le 2 mars, les frappes israéliennes ont fait plus de 4 200 morts, selon les autorités libanaises. Une trêve annoncée le 17 avril n’a jamais été respectée.
Une accalmie a cependant été observée depuis le 21 juin, à la suite de la signature du protocole d’accord irano-américain qui englobe le Liban sur insistance de Téhéran — même si les tirs et frappes n’ont pas complètement cessé.
