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Le Kremlin impose un «rideau de fer numérique» aux Russes

«Mais si l’Histoire nous a appris une chose, c’est que tous les murs finissent par tomber.»

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Des femmes dégustent une glace en se promenant sur la Place Rouge par une journée ensoleillée à Moscou, le mardi 24 mars 2026. Des femmes dégustent une glace en se promenant sur la Place Rouge par une journée ensoleillée à Moscou, le mardi 24 mars 2026. (Pavel Bednyakov/AP)

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a accusé mercredi le Kremlin d’imposer aux Russes un «rideau de fer numérique» pour cacher les difficultés économiques liées aux sanctions européennes en raison de la guerre en Ukraine.

«Oui, les sanctions ont un effet néfaste sur l’économie russe», a-t-elle souligné lors d’un discours devant le Parlement européen à Strasbourg.

Rappelant que les 27 venaient d’adopter un nouveau train de sanctions contre Moscou, le 20e depuis l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, elle a insisté sur le fait qu’avec la hausse de l’inflation et la flambée des taux d’intérêt, les conséquences de la guerre étaient financées «par les deniers de la population».

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'exprime lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet européen à Nicosie, à Chypre, le vendredi 24 avril 2026. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'exprime lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet européen à Nicosie, à Chypre, le vendredi 24 avril 2026. (Petros Karadjias)

«À tel point que le Kremlin réagit (…) en restreignant l’accès à internet et la liberté de communication. À tel point que les Russes ont le sentiment de vivre à nouveau derrière un rideau de fer, un rideau de fer numérique».

«Mais si l’Histoire nous a appris une chose, c’est que tous les murs finissent par tomber», a ajouté la dirigeante allemande.

Les services internet mobiles sont régulièrement désactivés depuis des mois dans plusieurs régions russes, des mesures justifiées par les autorités par des «raisons de sécurité» sur fond d’offensive en Ukraine.

Ces coupures s’accompagnent de restrictions sur les messageries populaires WhatsApp et Telegram — qui sont à peine utilisables en Russie ces derniers mois sans les services VPN.

Mi-avril, Moscou a restreint encore l’usage de ces VPN. Plusieurs sites de banques, de diffusion en continu vidéo, de commerce en ligne et de moteurs de recherche bloquent désormais l’accès aux utilisateurs s’ils détectent que ces derniers se servent d’un VPN.

Parallèlement, les autorités font la promotion massive de l’application russe Max, qui ne chiffre pas les données de bout en bout, en suscitant, selon ses critiques, des inquiétudes pour la protection de la vie privée.