La bataille autour de l’avenir du Kennedy Center s’est intensifiée jeudi, les alliés du président américain au sein du conseil d’administration ayant pris de nouvelles mesures pour lui rendre hommage. Des modifications physiques seront apportées à cette institution emblématique des arts du spectacle, ce qui pourrait aller à l’encontre d’une décision de justice fédérale.
Au cours d’une réunion de plusieurs heures qui s’est déroulée en ligne, le conseil d’administration a voté en faveur de l’ajout du nom de Donald Trump sur la façade du bâtiment, afin que celle-ci porte désormais l’inscription suivant: «Le Centre John F. Kennedy pour les arts du spectacle, restauré et rénové par le président Donald J. Trump». La place située devant le bâtiment porterait le nom du président Trump et la majeure partie des locaux serait fermée pendant deux ans afin de permettre d’importants travaux de rénovation.
Ces modifications constituent un test décisif pour le juge fédéral Christopher Cooper. Ce dernier avait statué en mai que les lettres apposées sur le bâtiment formant le nom de Donald Trump avaient été ajoutées illégalement et avait ordonné leur retrait, une décision que l’administration républicaine n’a pas réussi à faire annuler par les tribunaux.
Dans le même temps, le magistrat a bloqué une fermeture de deux ans qui devait prendre effet le 5 juillet, estimant qu’un vote antérieur du conseil d’administration autorisant cette fermeture était «mal informé et semblait prédéterminé».
Un représentant du Kennedy Center n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.
Une grande partie de la réunion du conseil d’administration de jeudi devait porter sur l’étendue des fermetures nécessaires pour permettre les travaux de rénovation que la direction du Kennedy Center juge indispensables à l’amélioration de la sécurité. En réponse aux critiques du juge concernant le vote précédent, les dirigeants de l’institution ont indiqué qu’ils soumettraient trois options au conseil d’administration.
Ces options comprenaient une fermeture totale ou une fermeture partielle qui permettrait «un accès partiel au public et une programmation limitée dans les espaces non concernés» par les travaux. Une troisième option serait «d’envisager une série très limitée de fermetures par étapes afin de répondre uniquement aux besoins les plus urgents du Centre en matière d’infrastructures, tout en programmant et en maintenant une offre culturelle complète».
Finalement, le conseil d’administration a décidé de fermer le bâtiment pendant deux ans, tout en laissant la possibilité d’organiser une partie de la programmation dans un espace en plein air.
La décision de procéder à cette fermeture de deux ans, qui s’ajoute aux initiatives visant à rendre hommage au président Trump, pourrait raviver les interrogations quant à savoir si le conseil d’administration a sérieusement examiné l’ensemble des options possibles.
Au cours du second mandat du président républicain, le Kennedy Center est devenu une métaphore inattendue — et très visible — du pouvoir présidentiel. Alors qu’il avait largement ignoré l’institution lors de son premier mandat à Washington, Donald Trump s’est empressé, à son retour au pouvoir en janvier 2025, d’évincer la direction de l’institution et de la remplacer par un conseil d’administration qui l’a nommé président. Son nom a rapidement été ajouté au bâtiment, une décision que le juge a également déclarée illégale.
Son nom a rapidement été ajouté au bâtiment, avant d’être retiré en juin après l’injonction du juge Cooper. L’endroit où il figurait autrefois est désormais recouvert d’une immense bâche.
Le locataire de la Maison-Blanche a qualifié le Kennedy Center de «rouillé, pourri et infesté de rats et d’insectes» et a menacé de céder le bâtiment au Congrès après que le juge Cooper eut rejeté sa fermeture et l’ajout du nom du président au bâtiment.
La direction de l’institution a fait valoir que le bâtiment avait véritablement besoin d’être réparé et modernisé.
Les mesures prises concernant le Kennedy Center s’inscrivent dans le cadre d’une initiative plus large de Donald Trump visant à remodeler Washington d’une manière qui n’a guère d’équivalent dans l’histoire moderne.
