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Le Japon durcit les règles sur l’acquisition de la résidence permanente pour les étrangers

Selon les nouvelles règles qui entreront en vigueur par étapes, les candidats devront prouver que leur revenu annuel est supérieur à la moyenne du pays et qu’ils sont capables de tenir des conversations informelles en japonais.

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Des passants traversent un passage piéton sous un soleil de plomb, mardi 25 août 2026, à Tokyo. Des passants traversent un passage piéton sous un soleil de plomb, mardi 25 août 2026, à Tokyo. (Eugene Hoshiko/AP Photo/Eugene Hoshiko)

Le Japon a durci depuis jeudi les conditions imposées aux étrangers souhaitant obtenir la résidence permanente, répondant à la volonté de la première ministre Sanae Takaichi de renforcer les contrôles migratoires.

Selon les nouvelles règles qui entreront en vigueur par étapes, les candidats souhaitant rester définitivement au Japon devront prouver que leur revenu annuel est supérieur à la moyenne du pays et qu’ils sont capables de tenir des conversations informelles en japonais.

Depuis jeudi, les frais de dossier sont également multipliés par vingt, passant de 10 000 yens à 200 000 yens.

Cette mesure a notamment provoqué de longues files d’attente dans un bureau d’immigration dans le centre de Tokyo où l’AFP s’est rendue à deux jours de l’échéance, des centaines de personnes espérant finaliser leurs démarches avant la flambée des prix.

«Je comprends qu’accepter trop d’étrangers … pourrait diluer la culture unique du Japon. Mais en même temps, compte tenu de son faible taux de natalité et de son vieillissement démographique, le Japon doit accepter des étrangers», a déclaré dans un japonais courant Yujie Chono, un étudiant de 22 ans né aux États-Unis, qui attendait depuis cinq heures pour déposer ses documents.

Les candidats doivent également démontrer leur «compréhension» des règles sociales et prouver qu’ils ont cotisé durant 30 ans pour leur retraite.

Les directives précédentes ne fixaient pas de seuils précis en matière de revenu, de retraites ou de compétences linguistiques.

Même si le Japon a une population qui vieillit rapidement et souffre d’une pénurie de main d’œuvre dans de nombreux secteurs, le sentiment anti-étrangers augmente, ce qui a poussé Mme Takaichi, une ultra-nationaliste, à réclamer une réglementation plus stricte concernant les migrants.

«À mesure que le nombre de résidents étrangers au Japon augmente, le gouvernement est confronté au fait que certains citoyens ressentent de l’anxiété et un sentiment d’injustice», a écrit la première ministre dans un long message publié sur X dimanche, ajoutant qu’elle plaidait pour une «coexistence ordonnée» avec les ressortissants étrangers.

Les programmes destinés à attirer des travailleurs étrangers ont alimenté l’inquiétude de l’opinion. Un sentiment anti-immigration s’est ainsi répandu sur les réseaux sociaux et de fausses informations ont largement circulé, comme par exemple l’idée qu’une part importante des prestations sociales du pays est versée à des étrangers ou encore qu’ils rendent les rues moins sûres.

Des experts et de nombreux chefs d’entreprise avertissent toutefois que l’archipel doit accueillir davantage de travailleurs étrangers pour assurer sa pérennité.

Sentiment anti-immigration

«Le Japon devrait cesser de considérer les étrangers uniquement comme une main d’œuvre temporaire et plutôt encourager leur installation à long terme en développant l’enseignement du japonais et en améliorant leur traitement», écrivait récemment le quotidien Nikkei dans un éditorial.

Ce sujet a été un enjeu majeur lors des élections de la chambre haute l’an dernier, qui ont vu la forte progression du parti Sanseito, le Japon d’abord, qui décrit l’immigration comme une «invasion silencieuse».

Les nouvelles règles concernant la résidence permanente interviennent après que le Parti libéral-démocrate au pouvoir a poussé l’an dernier à un durcissement des règles pour les visas de dirigeants d’entreprises, signifiant que les entrepreneurs seront contraints de quitter le Japon s’ils ne remplissent pas les nouvelles conditions.

Certains ressortissants étrangers cherchent à obtenir la résidence permanente pour assurer une stabilité à long terme. Ceux qui ne disposent pas de la résidence permanente ont souvent du mal, par exemple, à obtenir des prêts immobiliers.

Les changements introduits jeudi pourraient dissuader certaines personnes à demander la résidence permanente, mais ne devraient pas conduire immédiatement à des vagues de départs, selon des experts.