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Le Japon accuse la Chine de tirs en mer dans sa zone économique exclusive

Ce dernier exercice de tir réel a incité Tokyo à mobiliser ses propres navires et avions de guerre pour surveiller et suivre la situation.

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Sur cette photo, un destroyer lance-missiles chinois de classe Luyang III navigue au large de l'île de Kumejima, dans le sud du Japon, le 16 juillet 2026. (État-major interarmées japonais via AP) Sur cette photo, un destroyer lance-missiles chinois de classe Luyang III navigue au large de l'île de Kumejima, dans le sud du Japon, le 16 juillet 2026. (État-major interarmées japonais via AP) (Uncredited)

Un navire chinois a effectué un exercice de tir à munitions réelles dans la zone économique exclusive (ZEE) du Japon lors d’opérations conjointes avec la Russie, a affirmé mardi Tokyo, une version contestée par Pékin.

Cet incident, survenu dimanche, marque la première fois que le ministère repère un exercice de tir réel de la Chine dans la ZEE du Japon et en fait état, ont indiqué les médias japonais.

Tokyo a contacté Pékin par la voie diplomatique pour faire savoir que cet exercice «aurait pu mettre en danger la navigation des navires se trouvant à proximité», a déclaré mardi devant la presse Minoru Kihara, porte-parole en chef du gouvernement japonais.

Le destroyer lance-missiles chinois de classe Luyang III a été aperçu dimanche en train de réaliser ces tirs à munitions réelles à 180 kilomètres au sud-ouest de l’île d’Okinotori, le territoire le plus méridional du Japon.

Lorsque l’exercice de tir a débuté, une frégate russe se trouvait également à proximité, a indiqué la chaîne publique NHK.

«Les prétendues préoccupations exprimées par le Japon sont dénuées de tout fondement», a indiqué mardi lors d’un point presse régulier Lin Jian, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Selon le droit international, une ZEE est une zone située au-delà des eaux territoriales et où l’État côtier en question exerce des droits souverains aux fins d’exploration et d’exploitation, de conservation et de gestion des ressources. Elle s’étend jusqu’à 200 milles nautiques (environ 370 km) de ses côtes.

Okinotori est considéré comme une île par le Japon. Mais Pékin soutient qu’il s’agit uniquement de rochers et estime que Tokyo, en vertu de la convention des Nations unies sur le droit de la mer, ne peut donc revendiquer une ZEE autour de ce territoire.

Les manœuvres chinoises de dimanche «dans les eaux internationales» étaient ainsi «conformes au droit international», a affirmé Lin Jian.

«Le Japon cherche à discréditer et à monter en épingle les actions légitimes d’autres pays, ainsi qu’à jouer la carte de la menace extérieure, afin de justifier sa remilitarisation accélérée», a-t-il déclaré.

«Avec inquiétude»

Les exercices de tir ont incité Tokyo à mobiliser ses navires et avions de guerre pour surveiller et suivre la situation, a déclaré le porte-parole en chef du gouvernement japonais.

«Nous continuerons à surveiller avec inquiétude les agissements des navires chinois et russes dans les eaux entourant notre pays», a-t-il souligné.

Au début du mois, des navires des garde-côtes japonais et chinois se sont affrontés près d’îles contestées, chacune des parties affirmant avoir repoussé les navires de l’autre qui avaient pénétré dans ses eaux territoriales.

Les tensions bilatérales se sont aggravées après que la première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a suggéré en novembre que Tokyo pourrait intervenir militairement si la Chine attaquait Taïwan, île dont Pékin revendique la souveraineté.

Pékin a condamné ces propos et depuis exhorté ses citoyens à éviter de se rendre au Japon, tout en renforçant les restrictions commerciales visant certaines entreprises japonaises.