La police fédérale américaine (FBI) a publié à l’ensemble de son personnel un rapport classifié qui passe en revue ce qu’elle qualifie de «chapitres de l’histoire du Bureau où cette institution a failli à sa mission», selon un message interne obtenu vendredi par l’Associated Press.
On ignore quels épisodes du passé du FBI sont relatés dans ce nouveau «rapport Patel».
L’existence de ce document s’inscrit toutefois dans la lignée des critiques fréquentes formulées par le directeur Kash Patel à l’encontre de ses prédécesseurs, ainsi que de sa détermination à débarrasser le FBI des agents et autres employés qui, selon lui, ont politisé l’agence par le passé.
Les détracteurs de M. Patel l’accusent de lui-même politiser le FBI.
Bien que M. Patel se soit engagé, lors de son audition de confirmation l’année dernière, à ne pas «regarder en arrière», il a encouragé les enquêtes sur d’anciens hauts responsables et a présidé à des vagues de licenciements, notamment d’employés ayant participé à des enquêtes menées il y a plusieurs années sur le président Donald Trump, ayant été photographiés en train de s’agenouiller lors d’une manifestation pour la justice raciale en 2020 et ayant contribué à une note d’analyse controversée sur l’extrémisme catholique.
«Le rapport Patel porte un regard sur le passé parce que la responsabilité l’exige», indique une note adressée au personnel et signée par les codirecteurs adjoints du FBI, Christopher Raia et Andrew Bailey, qui décrit ce document comme marquant «la fin d’un chapitre de notre histoire et le début d’un autre, promettant un avenir plus radieux».
M. Bailey a annoncé sa démission en début de semaine. Son dernier jour de service est vendredi. Le FBI a refusé de commenter ce rapport.
«Nous ne pouvons pas changer ce qui s’est passé avant notre arrivée. Mais nous pouvons y faire face en toute honnêteté. Nous pouvons reconnaître les échecs au lieu de les dissimuler. Nous pouvons demander des comptes aux responsables. Nous pouvons réparer ce qui a été brisé. Et nous pouvons mettre en place des garde-fous suffisamment solides pour garantir que les erreurs du passé ne puissent plus jamais définir cette institution. Ces mesures sont conformes à celles de toute institution d’excellence qui s’efforce constamment de s’améliorer», précise également le message.
On ignore si le rapport formule des recommandations ou exige des mesures pour remédier aux lacunes passées.
Le message du FBI indique que le rapport vise à «promouvoir une responsabilité organisationnelle rigoureuse» et à rétablir «la confiance du public».
Mais les détracteurs de M. Patel affirment que les enquêtes à caractère politique menées par le FBI sous sa direction à l’encontre de personnes perçues comme des adversaires de M. Trump, ainsi que les sanctions infligées aux agents ayant participé aux enquêtes sur le président républicain auxquelles ils avaient été affectés, ont érodé la confiance dans la principale agence fédérale chargée de l’application de la loi aux États-Unis.
