International

Le FBI a enquêté sur une journaliste du NYT après un reportage sur Kash Patel

Publié le 

Kash Patel, le nouveau directeur du FBI nommé par le président Donald Trump, réagit sous le regard d'Alexis Wilkins lors de la cérémonie de prestation de serment de M. Patel, vendredi 21 février 2025, dans la salle «Indian Treaty Room» du bâtiment administratif Eisenhower, sur le site de la Maison-Blanche, à Washington. Kash Patel, le nouveau directeur du FBI nommé par le président Donald Trump, réagit sous le regard d'Alexis Wilkins lors de la cérémonie de prestation de serment de M. Patel, vendredi 21 février 2025, dans la salle «Indian Treaty Room» du bâtiment administratif Eisenhower, sur le site de la Maison-Blanche, à Washington. (Mark Schiefelbein)

Le New York Times indique que la police fédérale américaine (FBI) a enquêté pour déterminer si l’une de ses journalistes, Elizabeth Williamson, avait enfreint les lois contre le harcèlement après avoir publié, il y a près de deux mois, un article expliquant comment des agents fédéraux avaient été chargés de protéger et de conduire la compagne du directeur du FBI, Kash Patel.

Le FBI a déclaré mercredi que ses agents avaient interrogé la petite amie de M. Patel, la chanteuse de country Alexis Wilkins, lorsqu’elle avait fait part de ses inquiétudes concernant une menace de mort reçue après la publication de l’article de Mme Williamson, mais qu’ils n’avaient pris aucune autre mesure.

Le quotidien, dans un article publié en ligne mercredi, a indiqué que le FBI avait consulté les bases de données fédérales à la recherche d’informations sur Mme Williamson et avait recommandé de poursuivre l’enquête, mais qu’il en avait été empêché par le ministère de la Justice.

Le journal a déclaré n’avoir eu connaissance de tout cela que grâce à une information transmise au journaliste Michael S. Schmidt. Le journal a qualifié cette action d’alarmante.

«La tentative de la police fédérale américaine de criminaliser le journalisme de routine constitue une violation flagrante des droits d’Elizabeth garantis par le premier amendement et une nouvelle tentative de cette administration d’empêcher les journalistes d’examiner ses actions, a soutenu Joseph Kahn, rédacteur en chef du journal. C’est alarmant. C’est inconstitutionnel. Et c’est inacceptable.»

On ignore si le Times dispose d’un autre recours que de demander à un inspecteur général fédéral d’examiner si ces mesures étaient inappropriées.

Mme Williamson a brièvement interrogé Mme Wilkins lors de son reportage, mais la chanteuse a insisté pour que la conversation ne soit pas rendue publique. La journaliste s’est également entretenue avec des personnes qui connaissaient Mme Wilkins ou avaient travaillé avec elle, a indiqué le journal.

L’article original, publié le 28 février, s’intéressait à l’utilisation de fonctionnaires fédéraux appelés à accomplir des tâches personnelles pour le compte d’une personnalité de l’administration. Elle a écrit que M. Patel avait affecté quatre agents à la protection de Mme Wilkins à plein temps, et qu’ils l’avaient conduite à des apparitions publiques au Royaume-Uni, dans l’Illinois et à Nashville.

Le porte-parole du FBI, Ben Williamson, a déclaré dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux que, bien que les enquêteurs «se soient inquiétés de la manière dont les techniques de reportage agressives frisaient le harcèlement, aucune autre mesure concernant Mme Williamson ou le reportage n’a jamais été prise par le FBI».

Kash Patel n’a pas hésité à riposter contre les reportages qui lui déplaisaient. Lundi, il a intenté un procès en diffamation de 250 millions $ contre The Atlantic pour son article évoquant des allégations concernant sa consommation excessive d’alcool et sa mauvaise gestion au sein de l’agence chargée de l’application de la loi.