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Le dissident chinois ayant fui en canot sera placé en centre de rétention en Corée du Sud

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Dong Guangping Dong Guangping, ex-policier, avait été emprisonné après avoir signé une pétition 10 ans après la répression du mouvement prodémocratique de la place Tiananmen en 1989, selon l’ONG Human Rights in China.

Dong Guangping, défenseur chinois des droits humains emprisonné à plusieurs reprises par Pékin et qui a gagné les côtes de Corée du Sud en canot pneumatique, va être placé en centre de rétention pour étrangers, a indiqué jeudi la police sud-coréenne.

M. Dong, 68 ans, avait été repéré lundi soir par les forces sud-coréennes alors qu’il dérivait au large de la côte ouest du pays sur un canot pneumatique de 3,3 mètres équipé d’un moteur de 9,9 chevaux.

Il a été conduit en territoire sud-coréen pour y être interrogé, soupçonné d’avoir enfreint les lois sur l’immigration. Le bureau du procureur a alors sollicité un mandat d’arrêt à son encontre.

Mais le tribunal de district de Daejeon (ouest) a rejeté jeudi la demande de placement en détention, considérée «non nécessaire» pour la poursuite de l’enquête.

«S’il est considéré comme un immigrant illégal, il convient de le transférer vers un centre de rétention pour étrangers. S’il sollicite le statut de réfugié, il pourra demeurer dans le pays conformément à la loi sur les réfugiés», a expliqué à l’AFP le porte-parole du tribunal.

De fait, à l’issue de la décision de justice, le dissident est demeuré en garde à vue dans le district de Taean (ouest) et sera transféré vers un centre de rétention pour étrangers du service de l’immigration, a indiqué la police de Taean à l’AFP.

L’AFP n’a pas réussi à contacter jeudi l’avocat de M. Dong, Kim Joo-kwang. Ce dernier avait indiqué mercredi que son client était «très probablement (en situation) de demande d’asile politique».

Dong Guangping, ex-policier, avait été emprisonné après avoir signé une pétition 10 ans après la répression du mouvement prodémocratique de la place Tiananmen en 1989, selon l’ONG Human Rights in China, basée aux États-Unis. Il a été à nouveau détenu en 2014.

Il avait ensuite fui en Thaïlande avec sa famille, laquelle s’est installée au Canada avec le statut de réfugiés. Mais M. Dong, lui, avait été remis à la police chinoise en 2015 par les autorités thaïlandaises.

Libéré de prison après avoir purgé sa peine en 2019, il avait tenté en vain de s’enfuir au Vietnam ou vers l’archipel taïwanais de Kinmen, dans l’espoir de rejoindre sa famille.

Avant de finalement prendre la mer depuis la province chinoise du Shandong (est) et de rejoindre la Corée du Sud lundi après une trentaine d’heures en mer, selon le récit d’une proche, l’activiste Sheng Xue.

Séoul a accordé l’asile politique à un nombre extrêmement réduit de demandeurs depuis le début du traitement formel des demandes de réfugiés en 1994, malgré des dizaines de milliers de requêtes.

En août 2023, Kwon Pyong, un dissident chinois, avait fui la Chine en jet-ski pour se rendre en Corée du Sud, où il avait été condamné pour entrée illégale et écopé d’une peine de prison avec sursis avant de partir aux États-Unis.