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Le cycle de l’eau est devenu «plus irrégulier et imprévisible», selon l’ONU

L’année 2025 figure parmi les plus chaudes jamais enregistrées.

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Des plantes succulentes halophiles poussent au bord de l'eau sur l'île Bartolomé, en Équateur, dans l'archipel des Galápagos, le 7 juin 2024. Photo AP Des plantes succulentes halophiles poussent au bord de l'eau sur l'île Bartolomé, en Équateur, dans l'archipel des Galápagos, le 7 juin 2024. Photo AP (Alie Skowronski)

Le cycle de l’eau est devenu «plus irrégulier et imprévisible», a averti l’ONU jeudi, soulignant que les cours d’eau du monde entier avaient connu en 2025 l’une des années les plus sèches depuis plus de trois décennies.

L’année 2025 figure parmi les plus chaudes jamais enregistrées.

Elle compte désormais également parmi les plus sèches de ces 35 dernières années en matière de débit fluvial, selon un nouveau rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) sur l’état des ressources en eau dans le monde.

«Il nous est difficile d’affirmer avec certitude s’il s’agissait de la deuxième ou de la troisième année la plus sèche» mais «elle est dans le top 3″, a déclaré Wayne Jenkinson, directeur de la division hydrologie et cryosphère à l’OMM, en conférence de presse.

Cette situation s’inscrit «dans un contexte de baisse à long terme des réserves d’eau douce de la Terre et de recul durable des glaciers — des tendances lourdes de conséquences pour les populations et les économies à l’avenir», explique dans un communiqué l’OMM.

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Selon cette agence onusienne, le cycle de l’eau est globalement devenu «plus irrégulier et imprévisible, oscillant entre pénuries et excès».

Certains éléments du cycle de l’eau évoluent rapidement, comme les précipitations, l’écoulement fluvial et l’humidité du sol, réagissant aux conditions météorologiques en quelques jours ou semaines.

D’autres éléments, comme les eaux souterraines, les glaciers et le manteau neigeux saisonnier, évoluent plus lentement, au fil des saisons, voire des décennies ou plus, constituant des réserves qui permettent d’atténuer les années de sécheresse.

«Nous sommes en train de vider ces réserves», a alerté la secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo, devant les journalistes.

«Les réserves mondiales des eaux continentales présentent une tendance à la baisse depuis 2014-2016, soit un signal persistant depuis une décennie», selon elle.

Glaciers et eaux souterraines

Pour la quatrième année consécutive, toutes les grandes régions glaciaires de la planète ont perdu de la masse glaciaire, selon le rapport.

«Les eaux souterraines suivent cette tendance: près des deux tiers des puits surveillés dans le monde ont affiché en 2025 des conditions s’écartant de la norme historique», a relevé Mme Saulo.

«En parallèle, nous observons une augmentation des catastrophes liées à l’eau. Le renforcement d’El Niño va accroître le risque de sécheresse dans certaines régions et celui d’inondations dans d’autres», a-t-elle indiqué.

L’actuel phénomène climatique El Niño a continué de se renforcer en août et a désormais 75% de chances de devenir le plus puissant jamais enregistré, a annoncé il y a quelques jours l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA).

Synonyme de sécheresses, d’inondations et de températures records dans le monde, le phénomène El Niño est une variation naturelle du climat qui revient tous les deux à sept ans.

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Selon le rapport, l’Asie et l’Afrique ont connu à elles deux, ces cinq dernières années, au moins la moitié de l’ensemble des épisodes extrêmes liés à l’eau qui ont été recensés et plus de 80% des décès associés qui ont été signalés.

Il montre également que ces sept dernières années, le nombre de cours d’eau dans le monde présentant un écoulement «normal» a été le plus faible depuis 1991, avec des écoulements inférieurs à la normale sur plus de 36% de la superficie des bassins hydrographiques mondiaux.

Quant aux glaciers, leur perte de masse cumulée à l’échelle mondiale s’est élevée, entre 2023 et 2025, à 1.400 gigatonnes d’eau, soit approximativement le volume nécessaire pour remplir 560 millions de piscines olympiques, l’équivalent d’environ un tiers des prélèvements annuels d’eau douce.

L’OMM souligne par ailleurs que la disponibilité des données sur l’eau s’est améliorée, mais que des lacunes subsistent dans les zones très touchées.

«L’eau ne respecte pas les frontières. Le bilan hydrique d’un bassin fluvial peut dépendre de ce qui se passe dans un autre pays», a indiqué Mme Saulo, soulignant la nécessité de mettre en commun des données, des normes et des alertes précoces.

«Une catastrophe glaciaire dans un pays peut entraîner des ravages dans un autre, comme l’a montré la récente tragédie qui a frappé la Chine et le Népal», a-t-elle rappelé.