Le copilote accusé d’avoir attaqué le commandant de bord d’un vol à destination d’Israël avec une hache et tenté de s’emparer des commandes était un ressortissant omanais interdit de vol au sein de la compagnie aérienne de son pays en raison de soupçons liés à des opinions extrémistes, ont déclaré samedi des responsables.
Le copilote a été identifié comme étant Hamam al-Hammami, selon trois personnes proches du dossier — dont un diplomate du Golfe et un diplomate occidental — qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat, car ils n’étaient pas autorisés à s’adresser aux médias.
Les Émirats arabes unis, qui mènent l’enquête, ont déclaré que le copilote avait pris la hache de secours du poste de pilotage pour tenter de prendre le contrôle de l’avion en chute libre lors d’une «attaque terroriste» survenue mercredi. Ses agissements ont failli provoquer l’écrasement de l’appareil, qui transportait 182 personnes, avant que des passagers et d’autres personnes ne se précipitent pour le maîtriser.
Ces nouveaux détails soulèvent des questions quant à la rigueur avec laquelle FlyDubai vérifie les antécédents de ses futurs employés, et quant à la manière dont la présence du copilote à bord d’un vol rempli de passagers israéliens a pu échapper aux protocoles de sécurité stricts de l’État hébreu.
Israël a indiqué avoir conclu des accords avec des compagnies aériennes étrangères afin d’empêcher les pilotes de pays n’entretenant pas de relations diplomatiques avec lui de voler vers son territoire. Israël et Oman n’entretiennent pas de relations diplomatiques officielles. Le gouvernement des Émirats arabes unis s’est forgé une réputation pour avoir pris des mesures efficaces contre les activités extrémistes, mais s’est montré irrité par le passé face aux critiques concernant des failles de sécurité.
L’incident s’est produit à un moment délicat pour Israël: une semaine avant l’anniversaire de l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza. Il est également survenu quelques semaines avant une élection très attendue, dans laquelle la sécurité – et les défaillances sécuritaires du 7 octobre – ont été des enjeux centraux.
Oman Air l’avait écarté
Un responsable régional et une personne proche du dossier ont indiqué que le copilote s’était vu interdire de voler par Oman Air parce qu’on craignait qu’il eût adopté des opinions extrémistes. Le responsable a précisé qu’il avait été transféré à un poste administratif au sein d’Oman Air. Tous deux se sont exprimés sous couvert d’anonymat afin de pouvoir évoquer l’enquête en cours. Ils n’ont donné aucun détail concernant les opinions extrémistes présumées.
Le copilote a ensuite été embauché par la compagnie aérienne FlyDubai, installée aux Émirats arabes unis, a précisé cette source. On ignore pour l’instant dans quelle mesure le copilote a fait l’objet d’une vérification approfondie.
Le diplomate du Golfe a indiqué qu’il avait été soumis à des contrôles de sécurité habituels avant son embauche, mais il semble que ceux-ci se soient limités à vérifier s’il avait fait l’objet de condamnations pénales, sans examiner plus en profondeur ses antécédents à la recherche d’éventuels signes de radicalisation.
Le responsable régional a également indiqué que les services de sécurité de quatre pays de la région s’efforçaient de déterminer les motivations du copilote, avec l’aide des États-Unis et d’autres gouvernements occidentaux. Le diplomate du Golfe a précisé que les enquêtes visaient à établir si le copilote avait agi seul ou s’il «entretenait des liens avec des groupes extrémistes».
Le responsable régional a précisé que le copilote était né aux Émirats arabes unis et que sa mère était syrienne. Il a obtenu la nationalité omanaise par son père, qui est ressortissant omanais.
Le responsable régional a également indiqué que le copilote s’était rendu en Syrie, sans donner plus de détails.
Vendredi, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a déclaré que le copilote avait subi une «radicalisation islamiste», sans toutefois fournir de preuves. Samedi, le gouvernement israélien n’avait pas encore fait de commentaire à ce sujet.
Un porte-parole de FlyDubai a indiqué dans un courriel que la compagnie aérienne ne pouvait pas s’exprimer au-delà de ses communiqués officiels et a reconnu qu’«il y a beaucoup de questions à ce stade». Aucun commentaire n’a été formulé dans l’immédiat par Oman Air, et le gouvernement omanais n’a fait aucune déclaration publique en réponse aux questions répétées depuis l’incident.
Dans une déclaration adressée à l’Associated Press, Royal Air Maroc, la compagnie nationale marocaine, a indiqué que le copilote «avait suivi une formation théorique de trois mois au sein de la compagnie en 2025, dans le cadre du processus de recrutement. À l’issue de cette période de formation, sa candidature n’avait pas été retenue». Aucun détail supplémentaire n’a été fourni.
Keith Coles, porte-parole de la Buckinghamshire New University en Angleterre, a déclaré à l’AP qu’al-Hammami y avait suivi une formation à distance en gestion aéronautique, mais qu’il «n’avait suivi aucune formation de pilote». Aucun détail n’a été donné quant à la période concernée.
On ne savait guère plus, dans l’immédiat, sur le parcours du copilote. Son compte Instagram était actif jusqu’au jour du vol, puis a été supprimé.
