Le Congrès péruvien a élu mercredi le huitième président du pays en dix ans: il s’agit de José María Balcázar. Ce dernier remplace un autre dirigeant intérimaire qui a été destitué la veille pour des accusations de corruption, quatre mois seulement après son entrée en fonction.
M. Balcázar, un ancien juge âgé de 83 ans représentant le parti de gauche Perú Libre, a battu trois autres candidats, obtenant l’appui de la majorité des 130 membres de l’Assemblée législative.
L’instabilité présidentielle au Pérou reflète une crise politique alimentée par l’absence de majorité législative pour les dirigeants. Les législateurs ont souvent recouru à une interprétation large d’un article constitutionnel concernant «l’incapacité morale permanente» pour destituer les présidents en exercice.
Mardi, le Congrès a voté la destitution du président conservateur par intérim, José Jerí, après quatre mois au pouvoir. Le Congrès actuel, qui a entamé son mandat en 2021, a désormais destitué trois chefs d’État: Pedro Castillo, Dina Boluarte et M. Jerí.
En octobre 2025, M. Jerí occupait le poste de président du Congrès et était le prochain dans l’ordre de succession pour remplacer Mme Boluarte, qui n’avait pas de vice-président.
Sa destitution a fait suite à des révélations concernant ses réunions non divulguées avec des chefs d’entreprise chinois, dont un entrepreneur public. M. Jerí a affirmé qu’il ne faisait que coordonner un festival péruvien-chinois.
Le parquet a ouvert deux enquêtes préliminaires sur l’ancien président pour des allégations de parrainage illégal d’intérêts privés et de trafic d’influence au détriment de l’État.
Le nouveau président gouvernera pendant cinq mois avant de céder le pouvoir au vainqueur des élections générales du 12 avril, date à laquelle les Péruviens éliront un nouveau président et une nouvelle législature. Si aucun candidat à la présidence n’obtient plus de 50 % des voix, les deux candidats en tête se présenteront à un second tour en juin.
Le successeur de M. Balcázar devra faire face à une recrudescence des meurtres et des extorsions qui continuent de dévaster les petits entrepreneurs et la classe ouvrière.
Divers groupes politiques exigent des garanties fermes pour une élection transparente.
