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Le Congrès américain constate une baisse des saisies de drogue à la frontière

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Des véhicules au poste-frontière avec les États-Unis à Saint-Bernard-de-Lacolle, au Québec, le 10 avril 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Graham Hughes Des véhicules au poste-frontière avec les États-Unis à Saint-Bernard-de-Lacolle, au Québec, le 10 avril 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Graham Hughes (Graham Hughes)

WASHINGTON — Les responsables de l'Agence des douanes et de la protection des frontières des États-Unis ont déclaré mardi, lors d'une audience au Capitole, que le nombre de saisies de drogue à la frontière avec le Canada avait considérablement diminué.

Le directeur adjoint par intérim, Jason Schneider, a également indiqué à la sous-commission de la Chambre des représentants chargée de la sécurité et de l'application de la loi aux frontières que les saisies à la frontière nord des États-Unis avaient diminué de 55 % par rapport à l'année précédente.

Les saisies de drogue ont augmenté dans les régions du nord, a noté M. Schneider, mais pas à la frontière avec le Canada. Il a précisé que les agents découvrent des drogues introduites clandestinement depuis le Mexique et transportées vers le nord.

M. Schneider a également indiqué aux parlementaires que le nombre d'interpellations d'immigrants sans papiers était en baisse. Les interpellations ont diminué d'environ 22 % au cours de cet exercice financier, a-t-il énoncé, et de 67 % en 2025 par rapport à 2024.

Ce témoignage intervient alors que des législateurs républicains affirment que les cartels mexicains se tournent vers le Canada, puisque les États-Unis ont durci la lutte contre la contrebande à leur frontière sud.

«Les cartels d'Amérique centrale opèrent déjà au Canada, a affirmé la députée Sheri Biggs de Caroline du Sud lors de l'audience. Les précurseurs du fentanyl sont introduits en Amérique du Nord par les cartels à Vancouver, transformés en fentanyl et acheminés clandestinement par la frontière nord.»

Les autorités canadiennes reconnaissent que le Canada est confronté à des défis liés au fentanyl, mais il s'agit essentiellement d'un problème intérieur.

La Gendarmerie royale du Canada affirme qu’il n’y a pas de présence généralisée des cartels mexicains au pays.

Des membres de l’administration Trump ont formulé des allégations similaires, bien que les données du gouvernement américain montrent que les quantités de fentanyl saisies à la frontière avec le Canada sont infimes par rapport à celles saisies à la frontière avec le Mexique.

En juin, le secrétaire américain à la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, a dit: «Notre principale préoccupation est que la situation à notre frontière sud se répercute sur notre frontière nord.»

Invoquant le trafic de fentanyl, le président américain Donald Trump a décrété l’état d’urgence à la frontière nord afin d’imposer des droits de douane au Canada l’an dernier.

Le Canada a répondu aux préoccupations exprimées par M. Trump en adoptant une loi et en allouant des fonds pour renforcer la sécurité frontalière.

Cependant, les droits de douane sont restés en vigueur jusqu’à leur invalidation par la Cour suprême des États-Unis en début d’année.

Donald Trump les a remplacés par un droit de douane mondial de 10 % en vertu de l’article 122 de la Loi de 1974 sur le commerce. Ces droits ne s’appliquent pas aux marchandises conformes à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).

Ce droit de douane expirera après 150 jours, à moins que le Congrès ne vote sa prolongation.

L’administration Trump cherche à instaurer un droit de douane à plus long terme en lançant des enquêtes sur le travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement, notamment au Canada.

Malgré la présentation répétée de données sur la baisse des saisies de drogue lors de l'audience de mardi, les républicains ont continué à interroger les responsables de la patrouille frontalière sur la situation à la frontière canado-américaine et le fentanyl.

«Nous ne constatons pas de changement radical à la frontière nord», a observé Chris Holtzer, directeur exécutif des opérations du bureau des opérations de l'Agence des douanes et de la protection des frontières des États-Unis.

La plus grosse saisie enregistrée par le département est de près d'un kilo de fentanyl à Blaine, dans l'État de Washington, a précisé M. Holtzer. Il a ajouté que «la grande majorité des saisies (qu'ils reçoivent) proviennent de la frontière sud-ouest».

Le Canada et les États-Unis partagent la plus longue frontière terrestre au monde. Les responsables de la patrouille frontalière ont évoqué les difficultés que cette situation peut engendrer et les mesures prises par le département pour y faire face, notamment par le déploiement de troupes sur le terrain et le recours à de nouvelles technologies.

M. Schneider a indiqué que l'Agence renforçait sa présence à la frontière nord et comptait affecter 3500 agents de la police des frontières à cette zone dans un avenir rapproché.

Kelly Geraldine Malone, La Presse Canadienne

Kelly Geraldine Malone

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Journaliste