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Le chancelier allemand appelle les États-Unis et l’Europe à «réparer la confiance»

M. Merz a reconnu une rupture dans les relations transatlantiques au cours de l’année écoulée.

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Le chancelier allemand Friedrich Merz s'adresse à l'auditoire lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, à Munich, en Allemagne, le vendredi 13 février 2026. (Photo AP/Michael Probst) Le chancelier allemand Friedrich Merz s'adresse à l'auditoire lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, à Munich, en Allemagne, le vendredi 13 février 2026. (Photo AP/Michael Probst) (Michael Probst)

Le chancelier allemand Friedrich Merz a appelé vendredi les États-Unis et l’Europe à «réparer et raviver ensemble la confiance transatlantique», arguant que l’appartenance à l’OTAN est également avantageuse pour l’Amérique.

M. Merz a plaidé pour un «nouveau partenariat transatlantique», reconnaissant qu’«un fossé, une profonde fracture» s’est creusé de part et d’autre de l’Atlantique.

Il s’exprimait lors de l’ouverture de la Conférence de Munich sur la sécurité, réunion annuelle des plus hautes personnalités du monde de la sécurité, dont de nombreux dirigeants européens et le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Le premier ministre du Canada, Mark Carney, devait y participer, mais il a annulé son voyage après une tuerie dans une école de la Colombie-Britannique.

Lors de la conférence de l’année dernière, qui s’était tenue quelques semaines après le début du second mandat du président américain Donald Trump, le vice-président J.D. Vance avait stupéfié les dirigeants européens en leur donnant une leçon sur l’état de la démocratie sur le continent.

Une série de déclarations et de mesures de l’administration Trump visant ses alliés ont suivi, notamment la menace, le mois dernier, d’imposer de nouveaux droits de douane à plusieurs pays européens afin de garantir le contrôle américain sur le Groenland, territoire semi-autonome du Danemark, membre de l’OTAN. Le président a par la suite renoncé à cette menace.

«Plus forts ensemble»

«La guerre culturelle menée par le mouvement MAGA aux États-Unis n’est pas la nôtre, a soutenu le chancelier allemand. La liberté d’expression s’arrête là où elle est instrumentalisée contre la dignité humaine et la Constitution. Nous ne croyons ni aux droits de douane ni au protectionnisme, mais au libre-échange.»

Il a ajouté que l’Europe soutiendrait les accords climatiques et l’Organisation mondiale de la santé, «car nous sommes convaincus que nous ne pourrons relever les défis mondiaux qu’ensemble».

M. Merz a toutefois affirmé que l’Europe et les États-Unis devraient conclure qu’«ensemble, nous sommes plus forts». Il a soutenu que l’ordre mondial d’après-guerre, «aussi imparfait qu’il ait été à son apogée, n’existe plus» aujourd’hui.

«À l’ère de la rivalité entre grandes puissances, même les États-Unis ne pourront pas agir seuls, a-t-il indiqué. Chers amis, l’appartenance à l’OTAN représente un atout non seulement pour l’Europe, mais aussi pour les États-Unis. Alors, réparons et ravivons ensemble la confiance transatlantique.»

Les Européens, a affirmé M. Merz, font leur part.

Un changement de mentalité en Europe

Depuis la conférence de Munich de l’année dernière, les alliés de l’OTAN, sous la pression de Donald Trump, ont accepté une forte augmentation de leur budget de défense.

Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a statué qu’un «changement de mentalité» s’était opéré, avec «une Europe qui prend davantage ses responsabilités, qui assume un rôle de premier plan au sein de l’OTAN et qui se soucie davantage de sa propre défense».

Avec Marco Rubio à la tête de la délégation américaine cette année, les dirigeants européens peuvent espérer une approche moins conflictuelle et davantage axée sur les préoccupations traditionnelles de sécurité mondiale.

Avant de partir pour l’Allemagne jeudi, M. Rubio a tenu des propos rassurants, soulignant l’importance de l’Europe pour les Américains.

«Nous sommes très étroitement liés à l’Europe, a-t-il déclaré aux journalistes. La plupart des Américains peuvent retracer leur héritage, culturel ou personnel, jusqu’en Europe. Il est donc essentiel d’en parler.»

Mais M. Rubio a clairement indiqué que les choses ne se dérouleraient plus comme avant: «Nous vivons dans une nouvelle ère géopolitique, et nous devrons tous repenser notre approche.»

Friedrich Merz a affirmé que la «dépendance excessive» de l’Europe vis-à-vis des États-Unis était de sa propre faute, mais qu’elle était en train de s’en affranchir. «Nous n’y parviendrons pas en abandonnant l’OTAN, mais en construisant un pilier européen fort et autonome au sein de l’Alliance, dans notre propre intérêt.»

Il a reconnu que l’Europe et les États-Unis devront probablement surmonter davantage de désaccords à l’avenir qu’auparavant, mais que «si nous le faisons avec une force, un respect et une estime de soi renouvelés, ce sera bénéfique pour les deux parties».

Marco Rubio est arrivé à Munich vendredi. Il a rencontré le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, en marge de la conférence et devait également s’entretenir avec la première ministre danoise, Mette Frederiksen, et le premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen. Il doit prendre la parole à la conférence samedi matin.