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Le célèbre philosophe allemand Jürgen Habermas s'est éteint à l'âge de 96 ans

Son éditeur, Suhrkamp, a indiqué qu’il était décédé samedi à Starnberg, près de Munich.

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In this Nov. 7, 2006 photo German philosopher Juergen Habermas is seen in Koenigswinter near Bonn, Germany. (AP Photo/Hermann J. Knippertz, File) Sur cette photo prise le 7 novembre 2006, on voit le philosophe allemand Jürgen Habermas à Königswinter, près de Bonn, en Allemagne. (Hermann J. Knippertz/Associated Press, archives)

Jürgen Habermas, dont les travaux sur la communication, la rationalité et la sociologie ont fait de lui l’un des philosophes les plus influents au monde et une figure intellectuelle majeure, est décédé. Il avait 96 ans.

L’éditeur de Jürgen Habermas, Suhrkamp, a indiqué qu’il était décédé samedi à Starnberg, près de Munich.

M. Habermas s’est fréquemment exprimé sur des questions politiques pendant plusieurs décennies. Ses nombreux écrits ont transcendé les frontières des disciplines académiques et philosophiques, offrant une vision de la société moderne et des interactions sociales. Parmi ses livres les plus connus figurent «Théorie de l’agir communicationnel», en deux volumes, et «Après Marx».

Jürgen Habermas, qui avait 15 ans au moment de la défaite de l’Allemagne nazie, a rappelé plus tard que l’aube d’une nouvelle ère en 1945 et sa prise de conscience de la réalité des crimes nazis étaient des éléments sans lesquels il n’aurait pas trouvé sa voie vers la philosophie et la théorie sociale. Il se souvenait qu’«on voyait soudain qu’on avait vécu dans un système politiquement criminel».

Il entretenait une relation ambivalente avec le mouvement étudiant de gauche de la fin des années 1960 en Allemagne et au-delà, s’y engageant tout en mettant en garde à l’époque contre le danger de ce qu’il appelait le «fascisme de gauche» — une réaction à un discours incendiaire d’un leader étudiant qu’il qualifia plus tard de «légèrement déplacé». Il reconnaîtra plus tard que ce mouvement avait été le moteur d’une «libéralisation fondamentale» de la société allemande.

Dans les années 1980, Jürgen Habermas fut une figure de proue de la «querelle des historiens», au cours de laquelle l’historien berlinois Ernst Nolte et d’autres appelèrent à une nouvelle perspective sur le Troisième Reich et l’identité allemande. Ils avaient tendance à comparer ce qui s’était passé sous Adolf Hitler aux atrocités commises par d’autres gouvernements, telles que la mort de millions de personnes en Union soviétique sous Staline. Jürgen Habermas et d’autres opposants soutenaient que les historiens conservateurs tentaient de minimiser l’ampleur des crimes nazis par de telles comparaisons.

Jürgen Habermas est né le 18 juin 1929 à Düsseldorf et a grandi à Gummersbach, non loin de là, où son père dirigeait la chambre de commerce locale. À l’âge de 10 ans, il est devenu membre du Deutsches Jungvolk, une section des Jeunesses hitlériennes destinée aux jeunes garçons.

Il a déclaré avoir pris conscience de l’importance du langage parlé en tant que «couche de similitude sans laquelle nous ne pouvons exister en tant qu’individus» et s’est souvenu des difficultés qu’il avait eues à se faire comprendre. Il a également évoqué la «supériorité de l’écrit», affirmant que «la forme écrite dissimule les défauts de l’oral».