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«Le Canada est le prochain»: les commentaires de Trump sur le Groenland préoccupent

Une avocate s’inquiète des agissements du président américain.

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Houses covered by snow are seen on the coast of a sea inlet of Nuuk, Greenland, on March 7, 2025. (AP Photo/Evgeniy Maloletka, File) Des maisons recouvertes de neige sont visibles sur la côte d'une crique de Nuuk, au Groenland, le 7 mars 2025. (AP Photo/Evgeniy Maloletka)

Une éminente avocate et militante inuite native du Groenland estime que les récents commentaires du président américain Donald Trump sur la prise de contrôle du territoire devraient préoccuper l’ensemble de la communauté internationale.

Aaju Peter, qui vit à Iqaluit depuis les années 1980, a dit jeudi à CTV News Channel qu’elle n’avait pas pris au sérieux les commentaires de Trump sur l’annexion du Groenland au départ. «Mais maintenant, vu ce que le président des États-Unis est capable de faire, c’est une menace réelle», a-t-elle lancé.

«Nous devons écouter les Groenlandais et les élus qui souhaitent discuter avec Trump de ce qu’il essaie de faire, mais aussi écouter les Groenlandais qui ne veulent pas faire partie des États-Unis.»

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News

Les dernières déclarations de Trump sur le Groenland ont été faites peu après l’opération militaire américaine visant à capturer et à extrader le président vénézuélien Nicolás Maduro, une initiative unilatérale que certains membres de la communauté internationale ont condamnée.

2023 Sundance Film Festival - "Twice Colonized" Premiere L'écrivaine Aaju Peter assiste à la première du film «Twice Colonized» au Festival du film de Sundance 2023, au Library Center Theatre, le 23 janvier 2023 à Park City, dans l'Utah. (Photo par Monica Schipper/Getty Images)

«Le Groenland est couvert de navires russes et chinois partout», a avancé Trump aux journalistes à bord d’Air Force One dimanche, selon CNN. «Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de le faire.»

Aucun intérêt à rejoindre les États-Unis, selon un sondage

Malgré les affirmations de Trump, le fait est que la grande majorité des Groenlandais ne souhaitent pas faire partie des États-Unis, a fait valoir Mme Peter. «85 % des Groenlandais et des habitants du Groenland ne souhaitent pas rejoindre les États-Unis, et leur voix doit être entendue», a-t-elle dit.

Le Groenland, bien qu’il ne soit pas un État totalement indépendant, est un territoire autonome au sein du Royaume du Danemark, jouissant d’une autonomie sur la plupart des questions relatives à ses affaires intérieures, tandis que la monnaie danoise y est utilisée et que le Danemark est responsable de la politique étrangère et de la défense du territoire.

Au sein du territoire, cependant, il existe un mouvement indépendantiste croissant, et de nombreux politiciens du territoire ont promis de prendre des mesures supplémentaires en ce sens, bien qu’aucun calendrier concret n’ait encore été établi.

Mme Peter a déclaré que toute action des États-Unis visant à prendre le contrôle unilatéral du Groenland par la force économique ou militaire «va à l’encontre de tous les accords qui ont été signés». En tant que partie intégrante du Danemark, le Groenland est membre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) depuis 1949.

«Je pourrais dire que je dois être président des États-Unis, mais cela n’arrivera pas. Il doit donc écouter ce que veulent les Groenlandais», a mentionné Mme Peter.

«Nous entretenons de bonnes relations avec les États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale, et nous souhaitons continuer à entretenir de bonnes relations avec les États-Unis, c’est ce que disent les dirigeants groenlandais. Discutons-en, trouvons une bonne solution qui convienne au peuple groenlandais.»

Mme Peter a ajouté que le monde démocratique dans son ensemble devrait soutenir pleinement le Groenland, car les menaces de Trump pourraient conduire à d’autres actions unilatérales à l’avenir.

«Nous ne devons en aucun cas soutenir la tentative de Trump de s’emparer du Groenland», a-t-elle dit, «car s’il y parvient, nous savons que le Canada sera le prochain sur la liste, et nous ne pouvons pas laisser cela se produire.»