Le président brésilien Lula a affirmé vendredi que son pays ne devait pas être «traité comme une république de pacotille» par les États-Unis, qui ont classé la veille deux factions criminelles brésiliennes comme «organisations terroristes».
«Nous n’acceptons pas d’être traités comme des gamins, nous n’acceptons pas d’être traités comme si nous étions une république de pacotille», a tonné Luiz Inacio Lula da Silva, visiblement furieux lors d’une cérémonie officielle dans l’État de Sergipe (nord-est).
«Ne jouez pas avec la souveraineté de ce pays. Ne jouez pas avec notre démocratie», a insisté le président de gauche, qui doit briguer à 80 ans un quatrième mandat lors de la présidentielle d’octobre.
Son gouvernement est fermement opposé à la désignation du Comando Vermelho (CV) et du Primeiro Comando da Capital (PCC) comme organisations terroristes, qui pourrait potentiellement ouvrir la voie vers une intervention militaire américaine.
Ces groupes «comptent parmi les organisations criminelles les plus violentes du Brésil», a déclaré le secrétaire d’État américain Marco Rubio jeudi soir dans un communiqué.
«Je suis très triste aujourd’hui car un certain Marco Rubio a dit que nos criminels sont des terroristes et que les Américains peuvent intervenir» au Brésil, a réagi Lula au début de son discours.
«Ils sont des terroristes pour la société brésilienne, pour les peuples des quartiers pauvres, et nous allons les combattre ici», a-t-il souligné.
L’annonce de Washington est intervenue peu après que le candidat conservateur à la présidence brésilienne, Flavio Bolsonaro, a dit avoir demandé mardi au président américain Donald Trump de déclarer ces deux organisations criminelles de son pays comme organisations terroristes lors d’une rencontre à la Maison Blanche.
Flavio Bolsonaro, sénateur de 45 ans, est le fils du prédécesseur d’extrême droite de Lula, Jair Bolsonaro (2019-2022), qui purge actuellement à domicile une peine de prison pour tentative de coup d’État.
Lula avait été reçu par Donald Trump le 7 mai. «J’ai passé trois heures avec Trump et je lui ai remis un document sur le crime organisé», a affirmé vendredi le président brésilien.
«Pendant que Lula se mettait à genoux devant Trump pour faire du lobbying en faveur du CV et du PCC, moi, je suis allé travailler pour qu’ils soient traités comme des terroristes, ce qu’ils sont», a tancé Flavio Bolsonaro sur Instagram jeudi soir.
Washington mène depuis plusieurs mois une campagne de frappes dans le Pacifique et les Caraïbes contre des navires présentés comme participant à des activités de trafic de drogue alimentant les États-Unis.
Le président américain a lancé en mars une «coalition militaire» pour «éradiquer» les cartels, si besoin à coups de missiles, avec aujourd’hui une vingtaine d’alliés d’Amérique latine.
