Israël a annoncé mardi que ses soldats prenaient le contrôle de «nouvelles positions» dans le sud du Liban, afin d’y créer une «zone tampon» entre le Hezbollah et sa population dans les zones frontalières, visées depuis lundi par des tirs du mouvement libanais pro-iranien.
En parallèle au conflit contre l’Iran déclenchée le 28 février, Israël mène depuis lundi une campagne de frappes massives sur le Liban, affirmant viser le Hezbollah dans ses bastions du sud et de l’est du pays ainsi que dans la banlieue sud de Beyrouth.
Mardi, l’armée israélienne a affirmé que ses soldats occupaient de nouvelles positions dans le sud du Liban, sur des hauteurs longeant la ligne frontalière, en promettant d’empêcher que ne se répètent les déplacements massifs de populations israéliennes survenus lors du précédent conflit entre Israël et le Hezbollah, en 2023 et 2024.
«Le Commandement nord a avancé, pris le contrôle des hauteurs et crée à présent une zone tampon, comme nous l’avions promis, entre notre population et toute menace», a déclaré le porte-parole de l’armée, le général de brigade Effie Defrin.
L’armée libanaise a de son côté retiré des soldats de plusieurs positions du sud du Liban, à la suite de «l’escalade» des opérations israéliennes, selon une source militaire au Liban.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a précisé que son gouvernement a autorisé l’armée «à avancer et prendre le contrôle de positions stratégiques supplémentaires au Liban, afin d’empêcher les attaques sur les localités israéliennes frontalières».
L’armée a toutefois nié avoir lancé une opération terrestre. «Ce n’est pas une opération terrestre. C’est une mesure tactique (…) destinée à assurer la sécurité de notre peuple», a déclaré le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole international de l’armée.
Bombardements au Liban
Après des bombardements nocturnes, la banlieue sud de Beyrouth a de nouveau été visée mardi par des frappes israéliennes. Des images tournées par l’AFP ont montré des explosions dans ce secteur.
L’armée a affirmé avoir frappé depuis lundi plus de 160 cibles du Hezbollah à travers le Liban, y compris des membres de la force Radwane, l’unité d’élite du mouvement.
Elle a également annoncé avoir tué, dans une frappe à Beyrouth, un haut responsable du Hezbollah identifié comme Reza Khazai, chargé de la supervision de l’arsenal du mouvement sous le contrôle de la force d’élite iranienne Al-Qods.
L’armée n’a pas précisé la nationalité de ce responsable, mais elle a affirmé que «des dizaines» de membres des Gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique, se trouvaient au Liban, notamment à Beyrouth, aux côtés du Hezbollah.
Le Hezbollah de son côté a revendiqué mardi une nouvelle attaque de roquettes contre une base militaire dans le nord d’Israël.
Dans cette région, un journaliste de l’AFP a rapporté qu’une roquette avait frappé une maison du village de Yuval, proche de la frontière libanaise. Une personne a été légèrement blessée, d’après les secouristes.
Dans le sud du Liban, l’armée israélienne maintient cinq positions qu’elle juge stratégiques le long de la frontière israélo-libanaise depuis le cessez-le-feu qui a mis fin, le 27 novembre 2024, à un an d’hostilités entre le Hezbollah et Israël en marge de la guerre dans la bande de Gaza. Au moins 60 000 habitants du nord d’Israël avaient dû quitter leur foyer.
Aux termes du cessez-le-feu, le mouvement islamiste devait se retirer et démanteler son arsenal dans les régions du Liban situées au sud du fleuve Litani, soit à une trentaine de kilomètres au nord de la frontière. Mais Israël accuse le Hezbollah d’être toujours présent au sud du fleuve, en violation de l’accord.
Le mouvement chiite avait promis de «faire face à l’agression» américano-israélienne contre l’Iran, après la mort samedi du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, tué dans une frappe à Téhéran.
Le Hezbollah a mis ses menaces à exécution lundi et annoncé avoir tiré des missiles et des drones vers Israël, ouvrant un nouveau front dans le conflit qui embrase le Moyen-Orient.