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L’armée d’Israël dit qu’elle comptait plus de 1500 Canadiens dans ses rangs en 2025

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Des Palestiniens placent des décorations à l'approche du ramadan, le 15 février 2026 à Khan Younis, au sud de Gaza. Photo AP/Abdel Kareem Hana Des Palestiniens placent des décorations à l'approche du ramadan, le 15 février 2026 à Khan Younis, au sud de Gaza. Photo AP/Abdel Kareem Hana (Abdel Kareem Hana)

L’armée israélienne affirme que plus de 1500 personnes ayant la citoyenneté canadienne — des soldats ayant la double ou la multiple nationalité — servaient dans ses rangs il y a un an, selon des documents obtenus par une organisation israélienne.

Cette nouvelle survient quelques mois après que la Gendarmerie royale du Canada a confirmé qu’elle recueillerait des informations auprès du public sur d’éventuels crimes de guerre commis par le Hamas ou l’armée israélienne pendant la guerre les opposant.

L’organisation israélienne de défense des consommateurs Hatzlacha a demandé à l’armée israélienne de fournir des chiffres sur les membres en service actif en mars 2025, séparés par nationalité. Le gouvernement israélien a publié en ligne le document complet.

Le document en hébreu indique que 1185 Canadiens également détenteurs de la citoyenneté israélienne servaient dans les Forces de défense israéliennes en mars 2025. Les 339 Canadiens restants avaient au moins 3 nationalités: canadienne, israélienne et une troisième.

Elad Man, avocat chez Hatzlacha, a confirmé la traduction anglaise de ce document pour La Presse Canadienne.

Le service de bibliothèque parlementaire de la Knesset, le parlement israélien, a également publié l’année dernière un rapport indiquant que 56 Canadiens sans citoyenneté israélienne — des individus connus sous le nom de «soldats solitaires» — servaient dans l’armée du pays en août 2024.

Aucun de ces documents n’indique combien de Canadiens ont participé à la campagne militaire israélienne à Gaza.

La loi israélienne oblige tous les citoyens israéliens juifs, druzes ou tcherkesses, y compris ceux qui possèdent également d’autres nationalités et ceux qui vivent à l’étranger, à effectuer un service obligatoire dans l’armée.

Ces données sont publiées alors que des groupes juifs demandent à la GRC de clarifier ses intentions concernant le lancement d’un portail en ligne permettant au public de signaler d’éventuels crimes de guerre commis par le Hamas ou l’armée israélienne.

La GRC a confirmé en juin dernier qu’elle recueillerait des informations sur d’éventuels crimes de guerre et crimes contre l’humanité liés au conflit «de manière proactive».

La GRC a indiqué avoir lancé ce qu’elle appelle une enquête structurelle au début de 2024 sur le conflit qui a débuté en octobre 2023.

L’enquête de la GRC vise à recueillir des preuves de la participation de résidents canadiens à des crimes de guerre ou à des atrocités en vue de futures poursuites judiciaires. L’enquête vise également à savoir si des Canadiens en ont été victimes.

Un commissaire adjoint de la GRC devait informer l’organisation juive B’nai Brith de l’enquête structurelle en juillet dernier, mais la police a annulé la réunion publique virtuelle qui était prévue et ne l’a pas reprogrammée.

La GRC n’a toujours pas lancé le portail en ligne qu’elle avait promis.

Réactions opposées

Le NPD a exhorté les libéraux à faire clairement comprendre à tous les Canadiens servant dans l’armée israélienne qu’ils pourraient faire l’objet de poursuites pour tout crime de guerre.

B’nai Brith a accusé le NPD de cibler les Canadiens sionistes avec des insinuations infondées concernant des crimes graves.

Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient, un groupe qui défend la cause des Palestiniens, a exhorté Ottawa à enquêter sur ceux qui ont servi dans l’armée israélienne.

«Le Canada doit enquêter et poursuivre ces citoyens pour toute complicité dans des crimes de guerre et le génocide en Palestine occupée», a écrit le groupe mardi.

Mardi également, le Centre consultatif des relations juives et israéliennes a comparé les citoyens ayant effectué leur service militaire pour Israël en raison de leurs doubles nationalités aux Canadiens qui servent dans les armées des démocraties alliées, telles que les États-Unis ou le Royaume-Uni.

«Les efforts visant à singulariser ou à discriminer les Israéliens et les Canadiens juifs sont non seulement totalement inacceptables et nuisent à notre société inclusive, mais ils nuisent également à notre pays dans son ensemble», a écrit le vice-président Richard Marceau.

«Il ne peut y avoir d’équivalence morale entre ceux qui ont fait leur service militaire dans les forces armées d’un allié démocratique du Canada et les partisans d’une entité inscrite sur la liste des organisations terroristes en vertu de la loi canadienne», a-t-il ajouté, en faisant référence au Hamas.

Israël n’est pas officiellement un allié du Canada, car les deux pays ne sont pas liés par une alliance militaire ou de renseignement formelle. Israël et le Canada sont des partenaires stratégiques dans le cadre d’un accord officiel et collaborent dans des domaines tels que la production en matière de défense.

La Cour internationale de justice enquête depuis des années sur les allégations de génocide contre les autorités israéliennes. Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre. C’était également le cas de dirigeants du Hamas qui ont depuis été tués.

En octobre, le sénateur Yuen Pau Woo a déposé une motion demandant à Ottawa d’examiner le risque de complicité canadienne — par le biais d’exportations ou du service militaire individuel — dans des violations du droit international humanitaire.

Le Sénat a ajourné à plusieurs reprises le débat sur cette motion.

Dylan Robertson

Dylan Robertson

Journaliste