L’archevêque de Cantorbéry, Sarah Mullally, est arrivée lundi au Vatican pour une audience avec le pape Léon XIV, effectuant ainsi son premier voyage à l’étranger depuis son intronisation en tant que première femme à la tête de l’Église d’Angleterre et guide spirituel de millions d’anglicans à travers le monde.
Mme Mullally, dont la nomination a divisé la Communion anglicane déjà fracturée, est arrivée tôt pour rencontrer Léon XIV dans sa bibliothèque.
Plus tard, ils devaient se rendre à la chapelle Urbain VIII, à l’intérieur du palais apostolique, pour ce que le Vatican a qualifié de «moment de prière».
Mme Mullally effectue un pèlerinage de quatre jours à Rome, qui comprend des visites des principales basiliques pontificales, où elle a prié sur les tombes des saints Pierre et Paul et rencontré de hauts responsables du Vatican.
Le palais de Lambeth indique que sa visite vise à «renforcer les relations entre anglicans et catholiques romains par la prière, les rencontres personnelles et le dialogue théologique formel. Elle a pour but d’approfondir les liens de communion, d’affirmer un témoignage commun et d’encourager une collaboration continue tant au niveau mondial que local».
Les anglicans se sont séparés de Rome en 1534, lorsque le roi d’Angleterre Henri VIII s’est vu refuser l’annulation de son mariage.
Malgré un dialogue théologique officiel entamé dans les années 1960, de grandes divergences subsistent, notamment concernant la décision de l’Église d’Angleterre d’ordonner des femmes. L’Église catholique romaine réserve le sacerdoce aux hommes.
Les premières femmes prêtres anglicanes ont été ordonnées en 1994, la première femme évêque en 2015, et, aujourd’hui, Mme Mullally est la première archevêque de Cantorbéry.
Sa nomination a toutefois divisé la Communion anglicane, dont les 100 millions de membres répartis dans 165 pays sont profondément divisés sur des questions telles que le rôle des femmes et le traitement des personnes LGBTQ+.
En Angleterre et dans d’autres pays occidentaux, nombreux sont ceux qui ont salué sa nomination comme une percée historique contre le «plafond de verre».
Le pape et l’archevêque ont déjà échangé des salutations, Léon XIV l’ayant félicitée pour son installation le mois dernier tout en reconnaissant qu’elle prenait ses fonctions à un moment «difficile» et que des divergences continuaient de diviser les Églises anglicane et catholique.
Il s’est néanmoins engagé à poursuivre le dialogue. En octobre, le pape a accueilli le roi Charles III et la reine Camilla au Vatican, où ils ont prié dans la chapelle Sixtine. Charles III est le chef titulaire de l’Église d’Angleterre.
Cet événement, le 25 octobre, a marqué la première fois depuis la Réforme que les chefs des deux Églises chrétiennes priaient ensemble.
Cette année marque le 60e anniversaire de la première déclaration œcuménique officielle entre les Églises anglicane et catholique romaine, signée en 1966 à la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs par l’archevêque Michael Ramsey et le pape Paul VI.
Mme Mullally a pour sa part exprimé sa solidarité avec le message de paix de Léon XIV, après que le pape d’origine américaine eut été vivement critiqué par le président Donald Trump pour ses appels à la paix en Iran.
